Une campagne nationale #revoirsonmedecin, est lancée pour inviter les malades chroniques à retourner d’urgence voir leur médecin.

Il est temps de penser aux malades chroniques et de leur demander de reprendre leur santé en main. En effet, la crise sanitaire qui nous a obligés à nous confiner a fait oublier les patients qui souffrent d’autres pathologies, que la Covid-19. Depuis la fin du confinement, quatre personnes touchées par une maladie chronique sur dix ne sont pas retournées voir leur médecin généraliste, spécialiste ou repris leurs soins courants, d’après un sondage réalisé par l’Institut B3TSI. « Maintenant, prenez soin de vous, prenez rendez-vous, en consultation ou téléconsultation », clament plusieurs associations de patients dont la Fédération Française des diabétiques ou encore la Fondation pour la recherche sur l’hypertension artérielle.

Les malades chroniques doivent reprendre le chemin des consultations.

Éviter les complications liées aux maladies chroniques

Les association veulent éviter au maximum une explosion des complications dues à un manque de suivi des malades chroniques. A la question « depuis la fin du confinement, avez-vous consulté un médecin généraliste ou pris rendez-vous pour des soins courants ? », 41 % des sondés ont répondu par la négative et n’ont pas encore consulté. Parmi eux, 29 % ont envisagé de le faire dans les quatre prochaines semaines mais 12 % des patients chroniques affirment que « non, je ne l’envisage pas encore ». Cette affirmation est très inquiétante, s’alarme le vice-président de la Fédération française des diabétiques, Jean-François Thébaut : « Nous redoutons l’explosion des complications liées aux maladies chroniques, aux maladies cardio-métaboliques, à l’hypertension, à l’obésité et même au retard pris pour le dépistage des cancers et qui vont d’un seul coup resurgir tous ensemble. Il s’agit d’une véritable bombe à retardement car la maladie chronique est sournoise et très insidieuse ».

#revoirsonmedecin

Téléconsultation : la confiance s’est installée

Pendant le confinement, 24 % des malades chroniques ont consulté leur médecin généraliste et 28 % ont consulté leur spécialiste en téléconsultation. Un résultat qui montre la confiance qui s’est installée vis-à-vis de la téléconsultation et la nécessité de poursuivre ce mode de consultation. Le sondage relève que ce sont les citadins et les jeunes qui ont été les plus nombreux à téléconsulter.

Pourquoi les patients chroniques ont-ils renoncé aux soins ?

La première raison est la peur d’être contaminé par le virus, nous renseigne le sondage. Et puis, pour 35 % d’entre eux, ils ont voulu éviter la surcharge de travail pour le médecin ou l’hôpital.  

Les malades chroniques ne se sont pas rendus chez leur médecin traitant pendant le confinement, pour leur éviter une surcharge de travail, mais à quel prix ?



Selon Jean-François Thébaut, Vice-président de la Fédération française des diabétiques « Les patients ne veulent pas déranger leurs soignants avec leur maladie, ils pensent qu’il y a bien plus grave qu’eux et qu’ils passeront après. Pourtant le suivi d’une maladie chronique comme le diabète par exemple, est primordial pour éviter des aggravations. Il est donc urgent pour ces personnes de retourner voir leur médecin et de poursuivre leur suivi médical ». 

Le sondage met en lumière également le rôle du pharmacien, durant la crise. « 92 % des personnes touchées par l’hypertension artérielle se sont déplacées chez leur pharmacien depuis le début du confinement versus 87 % de l’ensemble des malades chroniques. Cela montre l’importance du suivi du traitement pour les hypertendus et le rôle clef du pharmacien dans le suivi des personnes atteintes de maladie chronique », se réjouit Pr Xavier Girerd, président de la Fondation pour la recherche sur l’hypertension artérielle.

Le sondage : réalisé par l’Institut B3TSI pour la Fédération française des diabétiques et ses quatre partenaires Alliance du Cœur, Le collectif national des personnes atteintes d’obésité, La Fondation pour la recherche sur l’Hta et la Société française de santé digitale. Présentation complète du sondage.