C’est en ces termes que le Premier ministre Édouard Philippe a présenté le mercredi 11 décembre dernier, le projet de réforme des retraites, au Conseil économique et social (Cese) à Paris. Une réforme rejetée par l’ensemble des syndicats qui depuis 15 jours poursuivent et amplifient leur mobilisation. L’annonce du départ de Jean-Paul Delevoye, le “Monsieur Retraite” du gouvernement, pourrait venir bouleverser la donne.

Que prévoit la réforme ?

  • l’âge légal restera à 62 ans, mais les personnes seront incitées à travailler plus longtemps. L’âge « pivot », à partir duquel il sera possible de partir à taux plein est fixé à 64 ans, dès 2025 avec un système de bonus-malus. Pour les métiers pénibles, ou ceux qui ont commencé à travailler avant l’âge de 20 ans, il y aura la possibilité de partir 2 ans plus tôt.
  • La retraite par points est instaurée. Elle s’appliquerait à partir de la génération née en 1975, sauf pour les régimes spéciaux (générations 1980 et 1985). La valeur du point et son évolution sera fixée par les partenaires sociaux, elle sera indexée progressivement sur les salaires.
  • Instauration d’une retraite minimum d’environ 1000 euros, net/mois pour une carrière complète au Smic.
  • Du côté des femmes : d’après le ministre, elles seront les « grandes gagnantes de la réforme » : une majoration de 5% par enfant sera accordée à la mère et une de 2% supplémentaires aux familles de 3 enfants et plus. Pour la pension de réversion, la plupart du temps touchée par les veuves, ce sera un versement garanti de 70% des ressources du couple.
  • Pour les plus hauts revenus : ils devront payer en plus une cotisation de solidarité de 2,80% qui financera une partie des mesures.
  • la loi prévoit « une règle d’or », pour que la valeur du point et son évolution soient fixées par les partenaires sociaux, et sera indexée progressivement sur les salaires.

Enfin, la loi serait discutée en Conseil des ministres le 22 janvier et discutée en février au Parlement.

A l’annonce de ces mesures, les principaux syndicats ont décidé de maintenir le mouvement social. Si la CFDT ne rejette pas le plan dans son ensemble, elle est farouchement hostile à l’âge pivot, dont elle demande l’abandon. De leurs côtés, F.O et la CGT exigent un retrait pur et simple d’une réforme qui menace les régimes spéciaux et dont le système par “points”, individualise les parcours et remet en cause le principe même de la solidarité. Une position partagée par les Mutuelles de France, engagées dans le mouvement au côté des organisations de salariés.

Anne-Marie Thomazeau et Marilyn Périoli.

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