Accueil Santé Ordonnances et médicaments sur les plateformes de téléconsultation : la prudence s’impose

Ordonnances et médicaments sur les plateformes de téléconsultation : la prudence s’impose

Le business de certaines plateformes de téléconsultation médicale inquiète les autorités de santé. © 123RF

Certaines plateformes de téléconsultation proposent des ordonnances ou des médicaments en ligne sans consultation préalable avec un médecin. Une pratique « dangereuse », selon les autorités de santé qui s’inquiètent de l’augmentation de ces prescriptions en ligne.

En 2024, près de 14 millions de personnes utilisaient les services de téléconsultations médicales, soit une progression de près de 20 % par rapport à 2023, d’après les chiffres de l’Assurance maladie. Mais attention, certaines pratiques sont illégales et non dénuées de risques pour la santé.

Pas d’ordonnance sans l’avis d’un médecin

Il est presque aussi facile d’obtenir ou de renouveler une ordonnance sur Internet que de faire un achat en ligne. En effet, de plus en plus de plateformes de téléconsultation médicale proposent, moyennant quelques dizaines d’euros, de fournir un traitement sans jamais échanger avec un médecin, sans fournir de documents de santé et sans aucun remboursement de l’Assurance maladie.

Comment ? Il suffit de remplir un questionnaire de santé en ligne et de choisir le médicament de votre choix. Une fois l’ordonnance validée, on peut passer au règlement (une trentaine d’euros environ) et recevoir ses médicaments directement chez soi, sous deux ou trois jours.

Certaines plateformes proposent même d’obtenir un code promo (en ce moment la promo de Noël) pour une ordonnance à moins 50 %. En tête des demandes des patients, les psychotropes et les médicaments amaigrissants dont la prescription est pourtant très encadrée. Les anti-inflammatoires et la contraception arrivent en troisième position.

Peu de contrôles

Face à ces dérives, les plateformes assurent qu’elles prennent des sanctions contre les médecins qui ont ce genre de pratiques. Le conseil de l’Ordre des médecins a lancé des enquêtes disciplinaires envers certains soignants peu scrupuleux et la direction générale de la santé promet une stratégie nationale pour mieux encadrer la télémédecine.

Mais en attendant, France asso santé avertit dans un communiqué : « C’est clairement une pratique marchande et très risquée, car prendre un traitement sans l’avis, ni l’examen d’un médecin peut s’avérer dangereux pour la santé. Il peut y avoir des risques d’interactions médicamenteuses, de contre-indications et aucun contrôle sur les effets secondaires, s’il y en a. »