Mieux dépister les hépatites virales

Souvent, les hépatites ne provoquent aucun symptôme pendant plusieurs années et progressent en silence jusqu’à la survenue de graves problèmes hépatiques ou de cancers. © 123RF

Plus de 60 % des personnes atteintes d’hépatites en Europe ne le savent pas, c’est le constat du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). D’où l’importance de dépister au plus tôt ces maladies.

Des maladies qui évoluent silencieusement

Dans l’Union européenne (UE), 3,2 millions de personnes vivent avec une hépatite chronique B et 1,8 million avec une hépatite chronique C dans, soit près de 5 millions de personnes.

On estime que 65 % des personnes atteintes d’hépatite B et 62 % des personnes atteintes d’hépatites C – les principales causes de cirrhose et de cancer du foie devant la consommation d’alcool et la stéatose hépatique non alcoolique – ne sont pas diagnostiquées, et donc pas soignées non plus.

Souvent, les hépatites ne provoquent aucun symptôme pendant plusieurs années et progressent en silence jusqu’à la survenue de graves problèmes hépatiques ou de cancers. Les plus meurtrières sont les hépatites de type B et C qui sont à l’origine de près de 96 % des décès, principalement par cancer du foie ou par cirrhose.

Et en France ?

En France, selon une étude de The Lancet, citée par l’Institut Pasteur, on estime qu’environ 143 000 personnes sont porteuses chroniques du virus de l’hépatite B. Concernant l’hépatite C, on estime à environ 134 000 le nombre de personnes vivant avec des infections chroniques par le VHC, et à 4 000 le nombre de nouveaux cas d’infection par an, toujours selon l’Institut Pasteur.

Dépister

Le dépistage des hépatites se fait par une simple prise de sang à réaliser en laboratoire sur prescription médicale. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour en bénéficier. Pour l’instant, la Haute autorité de santé recommande un dépistage ciblé sur des personnes à risque, usagers de drogues, partenaires sexuels multiples… Mais, l’Association française pour l’étude du foie, qui réunit des experts hépatologues, estime que l’ensemble de la population française devrait se faire dépister.

A noter : depuis le 1er septembre 2024, le dépistage de l’hépatite B est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie pour les jeunes de moins de 26 ans. Ils peuvent se faire dépister gratuitement, et sans ordonnance dans les centres et les laboratoires d’analyses. 

Vaccins et traitements existent

Deux vaccins existent : un contre l’hépatite A. Celle-ci est due à un virus très répandu, que l’on attrape en consommant de l’eau ou des aliments le contenant. (Ce vaccin est recommandé dans certains pays). Un autre contre l’hépatite B, qui se transmet principalement lors des relations sexuelles et par le contact avec du sang contaminé.

Pour l’hépatite C, principalement transmise par voie sanguine (sang non testé, matériel mal stérilisé, tatouage, relations sexuelles), il n’existe pas encore de vaccin mais la recherche avance. Néanmoins, des traitements efficaces mais très onéreux peuvent être proposés.

L’agent de l’hépatite D est un virus incomplet qui ne touche que les personnes atteintes d’hépatite B chronique.

Le virus de l’hépatite E est transmis principalement par de l’eau de boisson contaminée. Il donne généralement lieu à une infection qui régresse spontanément en 4 à 6 semaines.