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Les défis de l’intelligence artificielle en santé

Le professeur Jean-Emmanuel Bibault, oncologue, radiothérapeute à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris et chercheur en intelligence artificielle appliquée à la médecine à l’Inserm. © Magali Delporte

Dans quel domaine de la santé l’IA est-elle aujourd’hui utilisée, et que va-t-elle changer demain ? Les machines soigneront-elles mieux que les médecins ? Quelle sera la place du patient ? Le professeur Jean-Emmanuel Bibault, oncologue, radiothérapeute à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris et chercheur en intelligence artificielle appliquée à la médecine à l’Inserm, nous éclaire sur ces questions.

L’IA en médecine, déjà une réalité

« La radiologie est une des spécialités où l’intelligence artificielle a le plus d’impact. On l’oublie car elle est très ancrée dans nos soins aujourd’hui. Les IRM et les scanners existent depuis les années 1980 et ont bouleversé le diagnostic. De nos jours, ces IA sont capables d’interpréter des images de façon de plus en plus fine. En psychiatrie, les agents conversationnels ou chatbots, utilisés pour dialoguer avec le patient, existent aussi depuis longtemps. Le premier date de 1966 !* Ils n’ont cessé d’évoluer pour donner désormais une information rigoureuse sur la santé mentale du malade, lui apporter une aide… ou servir à la détection et au diagnostic automatisé d’un syndrome dépressif ou d’un risque suicidaire.

Ensuite, la radiothérapie, dans le traitement des cancers, est un domaine où l’intelligence artificielle est de plus en plus présente. Maintenant, les traitements que l’on fait sont calculés par une machine (en quelques minutes au lieu de quelques heures par un médecin), préparés et délivrés grâce à des ordinateurs. La plupart des centres de radiothérapie en France fonctionnent comme cela aujourd’hui. Mais attention, cette productivité ne doit pas se substituer à la qualité, et le médecin accompagne toujours le processus. »

Parcours de soins facilité

« L’IA participe aussi à la découverte de nouveaux médicaments, pour traiter une pathologie rare, par exemple, ou une maladie difficile à soigner. Et dans ce domaine, il y a beaucoup d’investissements financiers. Le parcours de soins pour le malade sera facilité si le médecin peut choisir le bon médicament pour le soulager. 

Ce qui est peut-être encore plus vertigineux, c’est qu’un jour l’IA sera capable de réaliser ce que l’humain ne sait pas faire.

Du côté de la chirurgie, les robots existent maintenant depuis plusieurs années. L’intérêt est prouvé pour différentes opérations. Un jour sans doute, un robot pourra opérer sans chirurgien, sans anesthésiste et sans infirmiers de bloc. Pour cela, il faudra un cerveau automatique capable de piloter ces machines, d’entraîner une IA à reconnaître et à manipuler les instruments chirurgicaux. Ce n’est pas pour tout de suite mais c’est envisageable d’ici dix à quinze ans. »

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