Organisée le 15 octobre avec le soutien de l’Unicef, la « Journée mondiale du Lavage des mains » prend cette année un sens très spécial dans un contexte où le respect des règles en matière d’hygiène des mains est devenu un enjeu de santé publique de premier plan dans la lutte contre la propagation du coronavirus. A l’heure où la « deuxième vague » du Covid-19 coïncide avec la saison des infections virales hivernales (ex : grippes, bronchiolites, gastroentérites…), la question se pose notamment de savoir si les bonnes pratiques observées durant le confinement s’ancrent durablement dans la culture hygiénique des Français ou si elles s’érodent au fil du temps.

Réalisée pour Unbottled, cette enquête de l’Ifop montre que si les taux d’observance en matière de lavage des mains avaient atteint des niveaux inégalés durant le confinement, l’été et l’automne ont plutôt entraîné un certain relâchement, notamment dans des catégories de Français particulièrement réfractaires aux gestes barrières comme les jeunes et les anti-masques.

Ainsi, les Français sont aussi sensiblement moins nombreux à se couvrir avec un bras ou un mouchoir lorsqu’ils toussent (56% en octobre, contre 62% en juillet et 69% en mars), à utiliser des mouchoirs à usage unique (53% en octobre, contre 58% en juillet et 63% en mars) ou à toujours se laver les mains après être allés aux WC (77% en octobre, contre 81% en mars). 

La proportion de personnes se lavant les mains après avoir pris les transports est, aussi en baisse par rapport à cet été (-10 points par rapport à juillet) mais elle est stable par rapport à mars (70%), ce qui s’explique sans doute par le caractère très anxiogène des transports en commun à l’égard du virus.

Ce moindre respect des règles de base en matière d’hygiène des mains affecte particulièrement les jeunes : – 28 points chez les jeunes de moins de 25 ans en ce qui concerne le lavage avant de passer à table. Cependant, ce relâchement affecte aussi des « bons élèves » tels que sont généralement les femmes et les habitants des agglomérations de province.

Enfin, le refus d’appliquer les consignes en matière d’hygiène paraît étroitement corrélé au refus de porter des masques : la proportion de personnes se lavant toujours les mains en rentrant chez elles étant deux fois plus faible chez les Français portant rarement un masque en dehors de leur domicile (30%) que chez ceux en portant systématiquement (79%).  

Pour François Kraus, directeur du pôle Actualités de l’Ifop : «Si la COVID 19 a mis en évidence le rôle de l’hygiène des mains dans la lutte contre le manuportage (transmission du virus par le contact des mains), ce virus n’est pas pour autant à l’origine d’une révolution dans la culture hygiénique des Français. Certes, la notion de “gestes barrières”, inconnue du grand public il y a encore un an, semble être entrée dans les esprits, et les taux d’observance en matière de lavage des mains ont tous progressé par rapport au début de l’année. Cependant, il est clair que les Français peinent à respecter aussi scrupuleusement les consignes qu’à l’époque du confinement, sans doute parce que le lavage des mains n’est plus aujourd’hui le seul moyen de protection dont ils disposent».

« Étude Ifop pour Unbottled réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 6 au 7 octobre 2020 auprès d’un échantillon de 1 014 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.  »