
Tandis que les intoxications au protoxyde d’azote ne cessent d’augmenter, la SMH scelle un nouveau partenariat avec le réseau national de référence mobilisé autour de cette urgence de santé publique.
On reçoit plus de six demandes d’intervention par jour ! », s’exclame Guillaume Grzych, biologiste médical au CHU de Lille et président de Protoside, ou réseau « protoxyde d’azote ». Mesurant le chemin parcouru depuis les débuts de ce qu’il nomme « une épidémie silencieuse », le biologiste se souvient des premiers patients hospitalisés au CHU après inhalation de ce gaz hilarant détourné de son usage. Leurs prises de sang laissent apparaître des marqueurs étonnants et des problèmes neurologiques incompréhensibles.
Nous sommes en 2019-2020 : il n’existe pas de protocole de soins pour ces patients et l’épidémie de Covid laisse peu de place à d’autres problématiques. Très vite, au CHU émerge la nécessité de repérer et de prendre en charge les patients par la constitution d’équipes pluridisciplinaires. Des centres de compétences se structurent partout en France autour de ce phénomène. Des actions de prévention et de formation se développent à l’initiative de Guillaume Grzych et des professionnels qui l’ont rejoint avant que l’association voie officiellement le jour en 2024.
Soin, prévention et recherche
Les missions de Protoside s’articulent autour de 4 axes :
- Création d’un réseau national de professionnels de santé formés spécifiquement pour répondre aux besoins des patients.
- Sensibilisation du public aux dangers de l’utilisation récréative du protoxyde d’azote et développement de programmes éducatifs.
- Collaboration avec des chercheurs pour approfondir les connaissances sur les effets de ce gaz.
- Travail avec les décideurs politiques pour renforcer la législation et les mesures de contrôle autour de la vente et de l’utilisation du produit.
NOXForum, un congrès qui fait date
En mars dernier, l’association organise à Lille le premier congrès dédié au protoxyde d’azote. « L’événement a rassemblé plus de 400 participants, professionnels de santé, chercheurs, représentants d’institutions publiques et acteurs associatifs », se félicite Guillaume Grzych. Depuis, le déploiement du réseau reflète l’ampleur de l’urgence. « L’association compte 1 000 adhérents et notre expertise est reconnue, y compris à l’international. »
Un engagement commun
Alors que l’association se met en quête de nouveaux bureaux, la SMH propose une installation au sein de ses propres locaux, à deux pas du CHU et aux portes d’Eurasanté. Pour Valérie Crommelinck, responsable communication et prévention de la mutuelle, « nous partageons avec Protoside la même vision de l’intérêt de la prévention en santé publique. Ce partenariat fait vraiment sens pour la SMH, qui entend soutenir les acteurs de terrain et contribuer à une meilleure information sur les risques liés aux addictions émergentes ».
*PROTOSIDE : Plateformes et réseaux pour l’orientation, le traitement et l’organisation des soins des intoxications au N2O, diagnostic et éducation




























