
Selon le dernier Baromètre de la Fédération hospitalière de France (FHF), l’accès aux soins continue de se dégrader sur tout le territoire. Le délai d’attente pour consulter un généraliste a triplé en sept ans et pour certains spécialistes, il dépasse les deux mois. Un recul « inédit » de l’accès aux soins.
Près de « 40 % des Français déclarent qu’il est compliqué d’obtenir des soins là où ils vivent », selon l’étude commandée par la Fédération hospitalière de France. Pire, le pourcentage grimpe à « plus de 50 % dans les communes rurales et les agglomérations de moins de 20 000 habitants ».
Renoncement aux soins
Au cours des douze derniers mois, 73 % des Français déclarent avoir déjà renoncé à des soins, principalement en raison des délais d’attente trop longs. Depuis 2019, ces délais se sont fortement allongés, note l’enquête. Il faut désormais douze jours en moyenne pour consulter un médecin généraliste, versus trois jours en 2019.
Côté spécialistes, l’accès est encore plus difficile. Il faut en moyenne 4,5 mois d’attente pour un dermatologue, 3 mois pour un cardiologue, et 2 mois pour un ophtalmologue, un gynécologue ou un psychiatre.
Le manque de ressource financière de la part des patients est évoqué dans l’enquête : 40 % ont renoncé à un soin pour des raisons de budget. « Le reste à charge, soit vous avez les moyens de le financer, soit ce n’est pas le cas et vous renoncez à vous payer des soins », note la Fédération hospitalière.

Inégalités territoriales
Pratiquement toute la France est désormais un désert médical. Mais il existe des disparités régionales. En Ile-de-France, l’accès aux soins est le plus acceptable : il n’y faut attendre « que » quatorze semaines pour voir un dermatologue ou huit semaines pour consulter un cardiologue.
En revanche, en Normandie par exemple, l’accès aux spécialistes est catastrophique : les Normands doivent attendre six mois pour voir un dermatologue et quatre mois et demi pour un cardiologue, les habitants des Hauts-de-France cinq mois pour un psychiatre, les enfants bourguignons six semaines pour un pédiatre.
Des services d’urgence saturés
Les patients se tournent donc vers les services d’urgence, faute de rendez-vous chez un généraliste. Résultat ? Le risque de saturation s’aggrave dans les services d’urgence.
Presque la moitié des participants à l’étude (49 %) reconnaissent s’être rendus aux urgences pour un soin qui n’en relève pas. Ils sont 29 % à expliquer ce contournement du système par des difficultés d’accès à un médecin libéral et 27 % par la « facilité », notamment en raison de la possibilité de réaliser, à l’occasion de leur passage, tous les examens nécessaires.
La Fédération hospitalière réclame d’urgence une meilleure articulation des soins entre la ville et l’hôpital et un grand débat public pour améliorer l’accès aux soins.
Méthodologie : Cette enquête a été réalisée sur un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française adulte âgée de 18 ans et plus. Enquête quantitative réalisée en ligne sur un panel du 10 au 12 décembre 2025.

























