Le taux de vaccination dans le monde stagne « dangereusement », depuis une dizaine d’années, d’après les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (Oms).

Pour que le taux de couverture vaccinale soit efficace, et pour interrompre la transmission d’agents pathogènes, il faut qu’il atteigne les 95%. Or, dans le monde, il stagne entre entre 84 % et 86 %, d’après l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Et ce, depuis une dizaine d’années.

Les taux de vaccination stagnent « dangereusement »

Le taux de vaccination à l’échelle mondiale stagne « dangereusement » d’après l’Oms, surtout dans les pays pauvres. L’organisation avance plusieurs hypothèses : les conflits, les inégalités encore trop fortes et un relâchement de la vigilance. 20 millions d’enfants dans le monde n’ont pas reçu en 2018 les vaccins vitaux, notamment contre la rougeole, la diphtérie et le tétanos. Cela représente plus d’un enfant sur 10. Parmi ces enfants non-vaccinés, 13,5 millions n’ont pas reçu la dose initiale, soulignant « un manque d’accès à la vaccination ».

Les cas de rougeole en augmentation

En 2018, près de 350 000 cas de rougeole ont été signalés dans le monde, soit plus de deux fois plus qu’en 2017. « La rougeole est un indicateur en temps réel des lieux où nous devons concentrer notre action pour lutter contre les maladies évitables », a indiqué Henrietta Fore, directrice générale de l’Unicef, dans un communiqué. « Parce que la rougeole est une maladie extrêmement contagieuse, une flambée cible les communautés qui n’ont pas bénéficié des vaccins du fait de problèmes d’accès, de coûts ou, parfois, d’un relâchement de la vigilance. Nous ne devons nous épargner aucun effort pour vacciner chaque enfant ».

L’Ukraine est en tête des pays où le taux d’incidence de cas déclaré de rougeole est le plus élevé en 2018, suivi de la République démocratique du Congo et de Madagascar.

Vaccin contre le cancer du col de l’utérus

Pour la première fois, des données sont disponibles sur la couverture du vaccin contre le papillomavirus humain (Hpv), responsable des cancers du col de l’utérus, indique l’Oms dans son communiqué.

En 2018, 90 pays ont introduit le vaccin anti-Hpv dans leurs programmes de dépistage. Mais, seulement treize d’entre eux sont des pays à faible revenu. Encore une fois, ce sont les femmes les plus précaires qui n’ont pas accès au vaccin et qui peuvent être exposées aux « conséquences dévastatrices du cancer du col de l’utérus », regrette l’Oms.