Une étude de l’université Imperial College London montre que les campagnes du monde entier sont gagnées par l’obésité.

L’épidémie d’obésité se répand. Selon l’Organisation mondiale de la santé, cette maladie chronique a presque triplé dans le monde depuis 1975, touchant 650 millions d’adultes en 2016, tandis que 1,9 milliard étaient en surpoids. Et, contrairement aux idées reçues, une étude de l’université Imperial College London parue en mai dans le journal scientifique Nature nous apprend que l’obésité progresse généralement plus rapidement dans les zones rurales qu’en ville, et ce partout dans le monde, excepté en Afrique saharienne.  

Baisse de la dépense physique et des produits industriels

Les auteurs de cette étude ont travaillé à partir des données de 112 millions de personnes dans 200 pays. Sur la période 1985-2017, femmes et hommes ont pris 5 à 6 kg en moyenne. 55 % d’entre eux vivent dans des zones rurales. Ce taux peut grimper jusqu’à 80 % pour les pays à faibles revenus.  

Pour expliquer cette tendance, les scientifiques parlent d’une « urbanisation de la vie rurale ». En effet, dans les territoires ruraux, l’agriculture est plus mécanisée et les transports davantage motorisés. Ce qui favorise une diminution de la dépense physique quotidienne. S’y développent par ailleurs les hypermarchés et l’accès facile à de la nourriture industrielle ultra transformée, bien souvent trop riche en sucres et en graisses. 

De plus, les écarts de revenus empêchent les plus pauvres de consommer des aliments de qualité. S’ajoute à cela, l’accès inégal aux équipements sportifs et de loisirs entre la ville et la campagne, qui favorise le phénomène.

Avec cette étude, les chercheurs espèrent infléchir les politiques anti-obésité pour une meilleure prise en compte dans tous les territoires.