La Haute autorité de santé vient de donner son avis ce vendredi 28 juin : elle recommande de dérembourser l’homéopathie, dont les effets sont considérés comme insuffisants. De son côté, la ministre Agnès Buzyn, s’est donnée quelques jours de réflexion, accordant la priorité à la gestion de la canicule. Le point sur l’homéopathie.

Homéopathie : qu’est-ce que c’est ?

Ce concept a été conçu par le médecin allemand, Samuel Hahnemann à la fin du 18e siècle. L’homéopathie (du grec “homo”, semblable et “pathos”, maladie) repose sur l’idée qu’une substance qui provoque un symptôme peut être utilisée pour traiter le même symptôme de la maladie. Il s’agit alors d’administrer cette même substance en toute petite quantité.

Les médicaments homéopathiques sont donc fabriqués selon un procédé de dilutions et d’agitation. En diluant les substances toxiques, le principe actif est perdu. La phase de « dynamisation » (agitations) est censée augmenter la puissance du produit malgré sa très faible concentration en produit actif minéral, animal ou végétal.

Une alternative santé plébiscitée par les Français

Cette médecine douce suscite l’adhésion. Selon une étude Ipsos de 2015, la moitié des Français y ont recours. 72% croient à l’efficacité de l’homéopathie d’après un sondage Oxoda. Selon Boiron, le principal laboratoire français de médicaments homéopathiques, le nombre de médecins généralistes prescripteurs seraient de 34%.

Jusque là, certains produits homéopathiques étaient remboursés à 30% par l’Assurance Maladie sans que leurs fabricants n’aient à fournir de preuves concernant l’efficacité de ces traitements médicamenteux.

Ce qui a conduit à cette décision  

mars 2018 : Publication de “L’appel des 124” – 124 médecins et professionnels de santé publient une tribune dans le quotidien Le Figaro dans laquelle ils dénoncent la tolérance vis-à-vis de l’homéopathie, une pratique « non scientifique » « basée sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques », sans que son efficacité n’ait été prouvée et qui pourtant bénéficie d’un remboursement par la Sécurité sociale. Dans cette tribune, les 124 citent le rapport du Conseil scientifique des Académies des sciences européennes de septembre 2017 confirmant l’absence de preuves de l’efficacité de l’homéopathie.

mai 2019 : L’Has délivre un premier avis provisoire recommandant le déremboursement des médicaments homéopathiques. Les trois laboratoires concernés, Boiron, Lehning et Weleda, ont dix jours à compter de la réception du projet d’avis pour formuler leurs observations écrites ou demander à être entendus.

12 juin 2019 : Les trois laboratoires représentés par des médecins homéopathes, se sont présentés ensemble devant la commission de la transparence de l’HAS pour plaider la cause de cette médecine douce, chiffres sous le bras, dans l’espoir de faire changer d’avis l’organisme. Ils ont avancé être venus « défendre une stratégie thérapeutique » plutôt qu’« un médicament ». « La prise en charge homéopathique est individualisée en fonction du mode réactionnel du patient, c’est-à-dire sa façon de faire la maladie », a expliqué le Dr Poitevin. « Nous ne traitons pas de la même manière deux patients qui font une bronchite spastique, c’est pourquoi il est difficile d’évaluer un médicament homéopathique en particulier. »

Que disent les études scientifiques à propos de l’homéopathie ?

Beaucoup d’études ont été publiées sur l’homéopathie, mais peu d’entre elles ont été réalisées dans des conditions scientifiques rigoureuses (études randomisées, en double aveugle). Ces dernières n’ont pas permis de prouver une efficacité supérieure à celui du placebo (produit dénué de principe actif). En septembre 2017, le Conseil scientifique des Académies des sciences européennes (Easac) avait jugé qu’il n’y avait « aucune preuve solide de l’efficacité des produits homéopathiques pour quelque maladie que ce soit, même s’il y a parfois un effet placebo ». De la même manière, de nombreuses instances scientifiques internationales se sont déjà prononcées en défaveur de l’homéopathie, comme le NHS (l’agence sanitaire britannique), le NHMRC (agence sanitaire australienne) ou encore l’Académie nationale de médecine.