Le ministère de la Santé a fait état d’une hausse « significative » du nombre de cas de la maladie de Lyme transmise par les tiques. Il appelle à renforcer les actions de prévention. 

En un an, le nombre de nouveaux cas de maladie de Lyme diagnostiqués en France a augmenté de manière significative selon l’analyse menée par Santé publique France et le Réseau Sentinelles et présentée le 3 juillet dans le cadre du plan national de prévention et de lutte de la maladie de Lyme. En 2017, 69 cas pour 100 000 habitants avaient été diagnostiqués (soit environ 45 000 cas), en 2018 ce chiffre a grimpé à 104 cas pour 100 000 habitants c’est-à-dire plus de 67 000 cas. Pour expliquer cette hausse, deux hypothèses sont avancées : des conditions climatiques favorables au développement des tiques et la sensibilisation des professionnels de santé au diagnostic de cette maladie. 

Un diagnostic difficile à établir

La maladie de Lyme est une maladie ou borréliose de Lyme est une infection transmises aux humains par la morsure de tiques elles-mêmes infectées par la bactérie Borrelia. Toutes les tiques ne sont pas porteuses de la bactérie. Et la maladie ne se transmet pas au contact d’animaux porteur d’une tique (chiens, chats, oiseaux), ni n’est contagieuse entre humains. La maladie de Lyme peut apparaître d’abord sous la forme d’une plaque rouge et ronde qui s’étend en cercle (érythème migrant) à partir de la zone de piqûre. D’autres symptômes peuvent apparaître et doivent alerter : symptômes grippaux, paralysie faciale ou fatigue inhabituelle quelques semaines ou quelques mois après la piqûre. « Au bout de plusieurs mois ou années, en l’absence de traitement, des manifestations articulaires, cutanées, neurologiques, musculaires ou cardiaques peuvent s’installer », peut-on lire sur le site de l’Inpes. Toute la difficulté réside dans le diagnostic, difficile à établir, tant les symptômes vont être différents d’une personne à l’autre. Ainsi, l’apparition d’un érythème n’est pas systématique. Les anticorps dirigés contre la bactérie ne sont pas toujours présents à tous les stades de la maladie. Les souches utilisées ne sont pas toujours celles présentes sur le territoire. Enfin, des personnes touchées par la bactérie et possédant les anticorps ne sont pas malades.   

Prévention

Pour toutes ces raisons et devant la hausse, la Direction générale de la santé (DGS) incite au renforcement des actions de prévention. Lors d’une activité dans la nature, il est ainsi conseillé de se couvrir les bras et les jambes avec des vêtements longs et d’utiliser des répulsifs contre les insectes. Ne pas hésiter à inspecter soigneusement son corps, notamment les zones de plis (aisselles, plis génitaux, cou, nuque) après une sortie en nature. En cas de piqûre de tique, il faut retirer l’insecte avec un tire-tique en surveiller la piqûre pendant un mois. Et consulter un médecin si des symptômes apparaissent. 

Signalement

Par ailleurs, les citoyens sont encouragés à signaler une piqûre de tique sur l’application nationale «Signalement Tique». « A ce jour, 15 000 signalements ont été effectués et environ 3 500 spécimens de tiques analysés, ce qui permet d’améliorer les connaissances sur ces dernières », précise la DGS.

Par ailleurs, la DGS a annoncé le noms des 5 centres de référence pour la prise en charge des maladies vectorielles à tiques : le CHU de Clermont-Ferrand associé au CHU de St Etienne, le CHU de Marseille, le CHU de Rennes, le CHU de Strasbourg associé au CHU de Nancy, le Groupe hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges associé au CHU de Créteil. « Ils s’engageront à respecter les recommandations nationales, accorderont une large place à la démocratie sanitaire pour prendre en compte les attentes des patients et des associations et développeront des projets de recherche clinique, en lien avec les structures de recherche », a précisé la DGS.