L’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire s’inquiète de la multiplication des dentifrices sans fluor proposés au grand public et alerte autorités et usagers sur le risque induit de recrudescence des caries chez les enfants, comme chez les adultes.

L’introduction de fluor comme agent anti-caries dans les dentifrices date de 1947. Deux pharmaciens, Daniel Carlier et Jean-Jacques Goupil, unissent leurs forces pour mettre sur le marché les premiers dentifrices fluorés. Cette initiative sera suivie par d’autres fabricants à la lecture du consensus mondial des articles scientifiques sur le rôle essentiel du fluor comme agent anti-caries.

Minéral (fluorure de sodium, monofluorophosphate de sodium…) ou organique (Olaflur), le fluor s’est imposé peu à peu dans toutes les formules de dentifrice. Son incorporation a permis de réduire de façon considérable la prévalence de la carie dentaire dans le monde, notamment grâce aux ions fluorures qui sont réellement actifs.

Ces ions agissent à différents niveaux :

  • Tout d’abord, par effet antiseptique vis-à-vis des germes cariogènes (Streptococcus mutans, par exemple). Les bactéries adhèrent à la surface de l’émail grâce à des adhésines et à des polysaccharides (formés à partir du glucose ingéré). Ce biofilm constitue la plaque dentaire. Une fois cette plaque installée au niveau de l’émail, les bactéries qui la constituent transforment les sucres ingérés en acides à l’origine des caries. Il est important de briser ce cercle vicieux dès l’origine en limitant la formation du biofilm via la réduction du nombre de bactéries présentes au niveau buccal.
  • En s’incorporant dans l’émail dentaire, le fluor, présent dans le dentifrice, renforce celui-ci, le rendant plus résistant aux attaques acides lors de chaque prise alimentaire solide ou liquide. Le fluor assure ainsi un rôle protecteur majeur
  • Les études scientifiques récentes ont également apporté la preuve de la capacité du fluor à stopper la progression de la maladie carieuse et même à inverser le processus carieux, grâce à une reminéralisation des surfaces lésées, au premier stade de la carie.

Qu’en est-il des risques de surdose et de la nocivité du fluor mis à l’index, à tort, ces derniers temps sur les réseaux sociaux ?

Du point de vue de la réglementation, les ions fluor sont limités dans les cosmétiques à la dose de 0,15 %. Les risques d’intoxication chroniques sont faibles. Ils sont essentiellement dus à un mésusage (ingestion de forte quantité de dentifrice en particulier par des enfants qui ne sont pas en âge de le recracher ou dans des situations psychiatriques particulières).