Deux vaccins contre la Covid-19 sont arrivés sur le marché, celui des laboratoires américains Pfizer et Moderna, qui sont basés sur la technologie de l’Arn messager, encore jamais utilisée pour un vaccin à grande échelle. Qu’en est-il exactement ?

C’est une première en matière de vaccination. Les deux vaccins actuellement sur le marché sont basés sur la technologie de l’Arn messager, alors que la technique traditionnelle des vaccins consiste à injecter un virus inactivé (ou atténué) pour que le corps apprenne à s’en défendre.

Le vaccin anti-Covid à Arn messager

L’Arn (acide ribonucléique) est un fragment de l’Adn (ici, du coronavirus), qui contient une partie des informations génétiques.

Plus spécifiquement, le vaccin Arn messager contre la Covid-19 est un fragment d’Arn qui génère la protéine placée sur la surface du virus (les pics que l’on remarque sur le dessus du virus). Si le vaccin est efficace, l’organisme va apprendre à reconnaître cette protéine externe, qui s’appelle le spicule du Sars-CoV-2, et il va générer des réponses immunitaires sous la forme d’anticorps et de réponse cellulaire. 

La technique de l’Arn messager est connue depuis une vingtaine d’années, mais c’est la première fois qu’on l’utilise pour un vaccin. Pourquoi ? Surtout, parce qu’elle est plus rapide que celle du vaccin classique, car on peut synthétiser en quelques semaines un fragment d’Adn et ensuite le dupliquer à des milliards d’exemplaires.

Le vaccin classique (contre la rougeole par exemple) consiste à injecter le virus dans l’organisme, soit sous une forme atténuée, soit sous une forme inactivée, pour provoquer une réponse immunitaireMais là, la technique est plus longue car il faut fabriquer de grandes quantités de virus en labo, ce qui ne se fait pas facilement à grande échelle.

Le vaccin à Arn messager est-il dangereux ?

Des doutes persistent chez certains qui craignent que cette technique ne modifie notre propre Adn. Mais les spécialistes expliquent que le vaccin à Arn messager ne touche pas le noyau de la cellule, là où se trouve l’Adn.

Une autre question reste en suspens :  on ne connaît pas la durée exacte d’efficacité des vaccins à Arn, sans doute quelques mois. L’immunité pourrait en effet disparaître plus rapidement qu’avec d’autres vaccins.