Comment les Français perçoivent les cancers héréditaires

D’après l’enquête Viavoice pour la Fondation de l’Avenir et de la Mutuelle d’action sociale des finances publiques, les Français estiment être mal informés sur les cancers d’origine génétique. 60 % d’entre eux se disent inquiets sur des prédispositions éventuelles.

Les cancers d’origine génétique seraient-ils un sujet tabou et méconnu par les Français ? C’est ce sujet qu’explore l’enquête Viavoice pour la Fondation de l’Avenir et de la Mutuelle d’action sociale des finances publiques, dans le cadre de la Journée mondiale contre le cancer, jeudi 4 février.

On ne parle pas assez des cancers d’origine génétique

La majorité des personnes interrogées a entendu parler des cancers d’origine génétique (69 %). Mais lorsque les enquêteurs posent des questions plus précises, le sentiment d’information insuffisante se réaffirme. Les Français sont nombreux à savoir que le cancer du sein et celui du côlon-rectum peuvent être héréditaires (70 % et 51 %). La part de l’hérédité, en revanche, est souvent surestimée. Le phénomène est particulièrement marqué dans le cas du cancer de l’utérus, alors que l’endomètre est la zone touchée par les mutations génétiques.

Les Français sont également très sensibles à ces cancers : 62 % déclarent être inquiets à l’idée d’avoir des prédispositions génétiques favorisant un cancer dans leur famille et 87 % se disent favorables au dépistage.

« Le sujet des cancers d’origine génétique, dont les cancers féminins, dépasse largement la seule question de l’oncogénétique. Il soulève d’importants enjeux qui nous obligent à revoir l’organisation des soins », indique Dominique Letourneau, président du directoire de la Fondation de l’Avenir.

Femmes et hommes n’ont pas la même approche

Les femmes semblent plus enclines à se faire dépister (54 % contre 43 % des hommes).

« Les personnes se présentant aux consultations oncogénétiques sont motivées avant tout par leur descendance et ne souhaitent pas que l’histoire familiale se répète pour les générations suivantes. Elles sont donc demandeuses de dépistage », affirme l’enquête.

« Les femmes et les hommes venant en consultation souhaitent tous se faire dépister mais les hommes sont peu nombreux à venir. Cette absence de consultation masculine n’est pas liée à l’oncogénétique mais est plus globale. Les hommes prennent moins en considération leur santé que les femmes, soit par pudeur, soit par fierté mal placée et ils en parlent peu avec leurs amis ou leur entourage, contrairement aux femmes ».