De nombreuses personnes obèses ou en surpoids se sentent stigmatisées, surtout sur les réseaux sociaux : Twitter en tête, d’après un sondage de Novo Nordisk, qui a analysé plus de 180 000 publications sur le web.

Il s’avère que ce réseau social est la plateforme de prédilection sur le sujet de l’obésité. Problème ? Il diffuse les propos les plus polémiques (moqueurs, dénigrants ou stigmatisants).

Bonne nouvelle : Instagram et Facebook informent d’avantage de façon neutre et bienveillante. Les réseaux sont donc un moyen de donner plus de visibilité aux personnes en surpoids. Il suffit juste de choisir son camp, pour que l’obésité devienne une cause à défendre afin de dépasser la souffrance individuelle. Car, il s’agit bien d’une maladie, très visible, méconnue du grand public, mais aussi des professionnels de santé.

L’obésité, sujet très débattu sur le web, arrive en 2e position des pathologies les plus citées, derrière la dépression et avant le diabète.

Grossophobie médicale

En effet, cette maladie est stigmatisée tout autant, dans le milieu médical. Anne-Sophie Joly, fondatrice du Collectif national des associations d’obèses, nous livre son témoignage.

« Je n’arrive pas à vous piquer, vous avez trop de graisse ! » Voilà un exemple de petite phrase assassine, prononcée par une soignante, que l’on peut vous asséner lorsque vous êtes obèse. Mais il y a pire. Lorsque je suis tombée enceinte, j’ai entendu des choses immondes. Un jour, un médecin m’a dit : « Comment peut-on vouloir un enfant alors que l’on est obèse ? C’est inacceptable pour le gamin. » On m’a même déconseillé de faire ma deuxième échographie ! Et nous sommes des milliers à avoir vécu une expérience similaire.

Les regards durs et les réflexions culpabilisantes de certains médecins nous blessent et nous marquent durablement. Certains patients en viennent même à déserter les cabinets médicaux et prennent alors le risque de ne plus se soigner.

Anne-Sophie Joly, DR.

Cette image négative vient du fait que nous représentons tout ce que les gens ne veulent pas être. Mais pour nous, l’obésité n’est pas un choix de vie. Il faut savoir qu’elle génère 18 pathologies ! Et nous avons été particulièrement touchés pendant le Covid-19 : près d’un patient obèse ou en surpoids sur deux était en réanimation et nous n’avons pu être vaccinés qu’en mai.

Nous ne bénéficions pas d’une prise en charge globale. La plupart des médecins nous recommandent de perdre du poids, alors qu’ils prescrivent des tests sanguins, des examens d’imagerie ou de la kinésithérapie aux autres patients. Même l’aménagement des cabinets médicaux n’est pas étudié pour nous : il faudrait, par exemple, des fauteuils sans accoudoirs dans les salles d’attente pour permettre une meilleure assise. Cela vaut aussi pour les tables de soins qui sont petites et étroites. Parfois, on ne peut même pas monter dessus ! Et il n’y a pas de matériel adapté pour l’examen…

Tout cela m’a révoltée et j’ai créé le collectif pour faire avancer les mentalités, pour que l’obésité soit considérée comme une pathologie. Ce n’est toujours pas le cas en France, alors que l’OMS l’a reconnue en 1997. Il faut également créer une spécialité de médecine pluridisciplinaire, faire plus de prévention dès le plus jeune âge, alerter contre la malbouffe, favoriser l’exercice physique et surtout que nous soyons aussi bien soignés que les autres patients ».

Site Internet : cnao.fr