Le gouvernement veut mettre en place un projet expérimental de mise à disposition de protections d’hygiène pour lutter contre la « précarité menstruelle ».

La question du coût que représentent les règles pour une femme tous les mois a défrayé la chronique en 2015, à l’occasion des débats sur le taux de TVA des tampons et autres serviettes hygiéniques, finalement abaissé à 5,5%. Cet épisode a été l’occasion de mettre en lumière un sujet plutôt méconnu, voire tabou, celui de la « précarité menstruelle » qui désigne les difficultés d’accès aux produits d’hygiène intime par les femmes les plus précaires. Cela concerne les femmes sans abris mais pas seulement. Pour lutter contre cette précarité féminine, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité, a réuni fin mai, plusieurs ministres, parlementaires, associations et industriels afin de réfléchir à un projet d’expérimentation de la gratuité de ces produits.

Cette mission a été confiée à la sénatrice Patricia Schillinger (Lrem), qui doit étudier « les objectifs et modalités » de la mise en place d’un tel dispositif dans plusieurs « lieux collectifs ». Cette aide-soignante de profession connaît le sujet puisqu’elle avait déjà présenté dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2019, un amendement prévoyant la distribution gratuite de produits menstruels pour des femmes en situation de précarité, dans les écoles, hôpitaux, prisons, etc.

Substances chimiques

Plus encore, Marlène Schiappa entend lever le tabou des règles à l’aide d’une « stratégie commune » interministérielle. Il s’agira notamment de mieux informer les consommatrices sur les produits qu’elles utilisent. D’une part, une plus grande transparence est demandée sur la composition des produits et une meilleure sensibilisation au Syndrome du choc toxique (Sct), lié au port prolongé de tampons. D’autre part, « le ministère de l’économie travaille avec les industriels afin qu’ils répercutent sur le processus de fabrication des produits d’hygiène féminine les enseignements tirés des diagnostics en cours sur la fabrication des couches ». Sachant que l’Agence de sécurité sanitaire (ANSES) recommandait dans son avis de 2018 d’éliminer autant que possible les substances chimiques potentiellement toxiques, présentes « en très faible concentration » dans les produits, bien qu’aucun risque sanitaire n’ait été prouvé.