Face à la crise de l’hôpital, les médecins montent au front. Dans une tribune publiée dimanche dans le JDD, ils menacent de démissionner si la Ministre de la Santé n’ouvre pas de nouvelles négociations. Ils seront dans la rue demain pour défendre le service public.

«L’hôpital public se meurt, faute de moyens à même d’assurer la qualité des soins et de garantir la sécurité des patients…

… Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l’alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l’austérité, pénurie (…). Nous devons donc nous résoudre aujourd’hui à un mouvement de “désobéissance” inédit».

C’est par ces mots que débutent la Tribune publiée dimanche 15 décembre dans le JDD et signée par 660 chefs de service. Ils souhaitent obliger le gouvernement à ouvrir un Grenelle de l’hôpital public avec un vrai plan financé répondant aux besoins. Pour autant, respectant leur éthique professionnelle, les médecins hospitaliers se refusent à la grève des soins. Il y a deux mois, à l’appel du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH), rassemblant médecins, personnels non médicaux et représentants des usagers, s’est mise en place dans plusieurs établissements une «grève du codage», c’est‑à-dire un blocage de la facturation des séjours hospitaliers à la Sécurité sociale. Le 14 novembre, les médecins ont manifesté dans la rue avec l’ensemble des personnels.

Ils déplorent que Les mesure gouvernementales se résument pour 2020 à moins de 300 millions supplémentaires alors que de l’avis général il manque 1,3 milliard d’euros pour répondre à la seule augmentation programmée des charges. L’hôpital se meurt et la ministre ne lui administre que des soins palliatifs.

« Afin de crier leur désespoir, des chefs de service, responsables d’unités de soins et médecins participant à la gestion des hôpitaux nommés ou élus, ne demandant rien pour eux-mêmes, s’engagent à démissionner si la ministre n’ouvre pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l’hôpital public. À ce jour, nous sommes plus de 660 signataires de toutes spécialités, de tous hôpitaux et de toutes régions. Lorsque nous serons 1.000, nous adresserons notre lettre à la ministre pour lui enjoindre d’ouvrir les négociations avec le CIH… ou de nous rejoindre».