Alors que l’épidémie de Coronavirus se répand, une enquête de l’Ifop nous apprend que l’hygiène des Français laisse encore à désirer. C’est aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique.

En 1951, le magazine Elle publiait une enquête qui fit scandale en mettant en évidence les conditions déplorables d’hygiène corporelle des Françaises qui souffraient encore, en cette période de reconstruction, d’un manque criant d’accès au confort sanitaire de base (ex : eau chaude, salle de bains ou douche). Soixante-dix ans plus tard, l’Ifop réalise pour le compte de la société Diogène une enquête sur la propreté corporelle et domestique des Français à une période où le respect des règles d’hygiène est un enjeu de santé publique. Cette enquête montre que si l’hygiène des Français a globalement radicalement changé depuis les années 1950, certains pans de la population restent encore éloignés des standards de propreté, en particulier parmi les personnes les plus âgées et les plus isolées du reste de la société.

Une toilette complète loin d’être quotidienne

  • Seuls 3 Français sur 4 (76 %) procèdent à une toilette complète tous les jours.
  • Les femmes sont plus portées sur leur hygiène que les hommes, puisque 81 % d’entre elles procèdent à une toilette complète « au moins une fois par jour » contre 71 % des hommes (alors qu’elles n’étaient que 52 % en 1951).
  • Les autres catégories de la population où la pratique est faible sont généralement des personnes isolées géographiquement (59 % des ruraux), professionnellement (60 % des chômeurs) ou socialement (60 % des femmes ne recevant jamais personne à leur domicile).

Plutôt douche ou bain ?

  • En 1954, seulement 10 % des Français possédaient une douche/bain, aujourd’hui 88 % possèdent une douche et 61 % une baignoire.
  • 63 % déclarent prendre une douche tous les jours, contrairement au bain, puisque seulement 6 % en prennent un quotidiennement.
  • On dénombre là encore moins d’adeptes chez les hommes et en particulier chez ceux âgés de 65 ans et plus qui ne sont que 36 % à prendre une douche quotidiennement (contre 46 % des femmes du même âge).

Une fréquence de lavage des cheveux très genrée…

  • Seules 8 % des femmes se lavent les cheveux tous les jours. La norme étant plutôt d’un shampoing tous les deux jours ou 2 fois par semaine (62 %, contre 51 % chez les hommes).
  • Concernant les hommes, ils sont 3 sur 10 à le faire tous les jours ! Une obsession du shampoing légèrement plus accentuée chez les jeunes de moins de 25 ans (35 %).
  • L’hygiène capillaire des Françaises a ainsi beaucoup évolué depuis le début des années 50, puisqu’en 1951, les trois quarts d’entre elles se lavaient les cheveux moins d’une fois par semaine (77 %) contre 8 % en 1986 et 4 % en 2020.

Le respect des règles sanitaires au quotidien : les femmes plus attentives !

  • À peine 2 hommes sur 3 (68 %) se lavent les mains systématiquement après être allés aux toilettes (contre 75 % des femmes).
  • Et moins d’un tiers des hommes le font après avoir pris les transports en commun (31 %, contre 42 % des femmes). Un chiffre spécialement inquiétant en cette période d’épidémie.
  • Plus étonnant encore, seuls 25 % des Français se lavent les mains après s’être mouchés, un chiffre démontrant clairement l’ignorance des règles sanitaires de base en dépit des messages de santé publique martelés et du contexte viral qui règne actuellement…

Un caleçon par jour ?

  • Si la quasi-totalité des femmes (94 %) changent de culotte tous les jours, à peine 3 hommes sur 4 (73 %) changent de slip/caleçon tous les jours.
  • Une tendance accentuée chez les personnes âgées, puisque seuls 50 % des hommes de plus de 65 ans changent de slip/caleçon tous les jours !
  • Une faible cadence que l’on retrouve également chez les femmes et leurs soutiens-gorge : seules 28 % d’entre elles le changent tous les jours.
  • Une hygiène vestimentaire féminine qui a tout de même radicalement changé ces dernières années : en 1951, 17 % des Françaises changeaient de culotte tous les jours, contre 82 % en 1986 et 94 % en 2020.

Pour François Kraus, directeur du pôle Genre, Sexualité et Santé Sexuelle à l’Ifop : « L’intérêt de cette enquête était de montrer si les préjugés concernant le manque d’hygiène corporel des Français étaient un mythe ou une réalité. Les résultats montrent que si, globalement, les choses ont énormément progressé en matière d’hygiène chez les Français depuis la Seconde Guerre mondiale, il reste tout de même encore quelques “ poches de saleté ” chez une proportion non négligeable de la population, notamment chez les hommes et les personnes âgées. »