Les cabinets des médecins généralistes, les consultations d’oncologie, de cardiologie… sont restés déserts pendant presque toute la durée du confinement. Pourtant, le nombre de patients chroniques ou atteints de cancer est toujours aussi élevé. Certains médecins tirent la sonnette d’alarme sur les retards de prise en charge et l’absence de suivi des traitements.

Depuis le 17 mars, confinement oblige, les patients ont évité les cabinets médicaux en ville ou les consultations spécialisées. Mais des médecins attirent l’attention du grand public sur les conséquences du renoncement aux soins.

 Les retombées du confinement sur les malades non Covid-19

Comment se portent les patients non Covid-19 ? C’est la question que se posent de nombreux médecins qui avaient l’habitude de les suivre avant l’épidémie. Ils craignent un retour de bâton avec une saturation dans les cabinets en ville ou les services spécialisés hospitaliers.

Les malades chroniques doivent retrouver le chemin des consultations.

Le Pr Ariel Cohen, président de la Société française de cardiologie, est inquiet. « Les maladies cardiaques et neurovasculaires continuent à tuer. Il y a chaque mois 12 000 accidents vasculaires cérébraux, rappelle-t-il. Or, à force de répéter que l’ensemble du système de santé est tourné vers le coronavirus, les patients minimisent leurs symptômes, considèrent que tout peut être différé. Nous sommes terrorisés à l’idée d’une perte de chances liée à une dégradation silencieuse de l’état clinique. »

D’autant que le confinement est un facteur de risque cardiovasculaire. « Les gens restent chez eux, ne bougent pas, regardent la télé, restent six heures en position assise », énumère le médecin, pointant notamment les risques de maladie thrombo-embolique.

les patients non covid-19, ont minimisé leurs symptômes pendant l’épidémie.

Même son de cloche du côté des urgences, où l’activité s’est fortement calmée. Mais les urgentistes remarquent que les patients qui arrivent aux urgences se trouvent bien souvent dans un état plus grave qu’avant l’épidémie, avec des douleurs thoraciques sévères. ils voient aussi des personnes qui arrivent avec des problèmes psychiatriques sérieux.

Les oncologues, quant à eux, redoutent un retard de diagnostic et un manque de suivi des malades atteints de cancer.

 « Quand on fera le bilan très global de cette crise sanitaire, on aura d’un côté, évidemment, les décès liés au Covid-19, mais nous aurons sûrement aussi une série de surmortalités liées aux conséquences indirectes du Covid-19 », a indiqué le Pr Jean-François Delfraissy, président du Comité scientifique, le 15 avril, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.