Fermeture des centres de rétention, demande d’approvisionnement en masques, utilisation de la chloroquine... A l’initiative d’organisations et d’associations, deux audiences de référé au Conseil d’Etat en lien avec l’épidémie de Covid-19 seront examinées jeudi en procédure d’urgence.

La première concerne une demande de fermeture temporaire des centres de rétention administrative (CRA). Les requérants demandent au Conseil d’État d’enjoindre le Gouvernement de fermer ces centres où sont retenus des étrangers, et ce jusqu’à la levée des mesures de confinement décidées pour lutter contre l’épidémie de COVID-19. Ce recours a été notamment déposé par le GISTI, la CIMADE et le syndicat des avocats de France.


La seconde est une demande de mesures pour l’approvisionnement en masques et matériels pour les soignants, le dépistage massif et la prescription de l’association Hydroxychloroquine et Azithromycine

Deux requêtes seront examinées lors de cette audience.

La première concerne des infirmiers libéraux à titre individuel et leur syndicat (Infin’idels). Ils demandent au Conseil d’État d’adjoindre l’État de «prendre toutes les mesures nécessaires pour approvisionner en matériel les professionnels de santé́ et de prendre toutes les mesures de police et de réquisitions nécessaires pour faire fabriquer des masques et du gel hydroalcoolique notamment».

La seconde, à l’initiative du Syndicat des Médecins Aix Et Région (SMAER) demande des mesures similaires et réclame des moyens de dépistage massif ainsi que l’autorisation de prescrire et administrer aux patients à risque l’association de l’Hydroxychloroquine et de l’Azithromycine.

De son côté un collectif de soignants dénommé C19 a saisi la Cour de justice de la République. Il estime que le Premier ministre et l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn ont fait preuve de «négligence coupable» dans la gestion de la crise liée au Covid-19. Dans un communiqué, le collectif évoque le point presse du 18 mars du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. Celui-ci «a appelé les particuliers qui avaient des masques à les remettre aux professionnels de santé», écrivent les soignants, qui y voient un «aveu d’impuissance à mettre en relation avec les révélations d’Agnès Buzyn selon lesquelles le gouvernement était informé depuis le mois de janvier du “tsunami” qui allait s’abattre sur la France».