Télétravail, cours à la maison, mais aussi recherche d’informations, démarches administratives ou commerciales, avec la pandémie et les confinements, difficile de se passer d’Internet aujourd’hui. Pourtant, trop de Français, ne maîtrisent pas cet outil ou n’y ont pas accès. Un projet de loi a été déposé au Sénat pour lutter contre ce que l’on appelle, l’illectronisme.

La crise sanitaire a aggravé la fracture numérique. Encore trop de citoyens, n’ont pas accès à Internet ou ne maîtrisent pas les outils numériques, et sont défavorisés face au télétravail, pour faire cours à la maison à leurs enfants ou tout simplement, pour accéder à leurs droits. Un projet de loi pour lutter contre l’illectronisme et l’inclusion numérique vient d’être déposé au Sénat. Il s’appuie sur une mission nationale menée par le Gersois Raymond Vall.

Illectonisme : tout le monde est concerné

Le sujet a d’ailleurs été pointé par la défenseure des droits Claire Hédon dans son rapport annuel : « un certain nombre de citoyens qui n’ont pas accès à Internet sont, en quelque sorte, spoliés de leurs droits à causer de cette exclusion numérique. Donc, pour moi, régler cette question relève de l’urgence, d’autant que la crise sanitaire n’est pas près de s’arrêter ».

D’après une enquête du Syndicat de la presse sociale, qui milite depuis des années contre l’illectronisme, près d’un quart des Français, ressent un véritable malaise face au numérique. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les seniors ne sont pas les seuls à éprouver des difficultés face aux outils numériques. « Tout le monde est concerné, explique Laurence Hamon, nouvelle présidente du Syndicat de la presse sociale (Sps), les jeunes comme les vieux, les hommes comme les femmes, les habitants de communes rurales comme ceux de l’agglomération parisienne. L’illectronisme frappe partout ».

l’Illectronisme est un néologisme venant de la traduction de information illiteracy qui transpose le concept d’illettrisme dans le domaine de l’information électronique.

« Abandonnisme »

L’illectronisme a de nombreuses conséquences. Près de 20 % des personnes interrogées par le Sps, déclarent avoir déjà renoncé, à faire quelque chose parce qu’il fallait utiliser Internet, alors même qu’elles étaient équipées. On les appelle les « abandonnistes ». Et, la crise sanitaire n’a pas arrangé les choses.

Ces personnes se privent d’une aide ou d’un remboursement auxquels elles ont droit. 50 % ont déjà ressenti une sensation de décalage avec leur entourage au point de se sentir seuls.
52 % ont déjà eu le sentiment que leurs activités étaient limitées ou annulées à cause de l’emploi indispensable d’Internet.