Le prochain Festival du film social se tiendra en Ile-de-France ainsi qu’à Nice et Talence du 6 au 8 octobre. Il est organisé par l’association la 25e Image, qui regroupe 10 établissements de formation en travail social, l’Iut de Bobigny université Sorbonne Paris-Nord et l’Uriopss Ile-de-France. Dans 11 salles seront projetés, pendant trois jours, des films, documentaires ou fictions, qui témoignent du quotidien d’hommes, de femmes ou d’enfants en vulnérabilité du fait de leur situation de précarité financière, de leur handicap, de leur âge, de leur sexualité, de leur origine. Alain Lopez, président du Festival du film social la 25e Image, est inspecteur de l’Igas. Son parcours professionnel a donné matière au film Hors normes d’Olivier Nakache et Eric Toledano, qui relate l’histoire d’une structure pour enfants autistes menacée de fermeture.

Vous êtes à l’initiative du festival du film social, la 25e Image. Pouvez-vous nous en parler ?

Alain Lopez : Notre volonté est de faire connaître, grâce à des films documentaires ou de fiction de qualité, la réalité des acteurs du travail social et des personnes qu’ils accompagnent. Nous sélectionnons des films – 33 cette année – qui montrent et ne jugent pas. Derrière le Sdf, l’adolescente autiste, l’enfant en difficulté, il y a d’abord Joseph, Lina ou Simon. C’est tout l’intérêt d’un film comme Hors normes, par exemple, de montrer ce que les personnes vivent et qui est bien loin des formules théoriques et abstraites. Par exemple, nous avions programmé il y a deux ans le film Cyrano et la petite valise, qui raconte le travail d’une actrice qui a mis en place un atelier théâtre au sein d’une communauté Emmaüs et la manière dont cette pratique peut redonner de l’estime de soi à chaque participant. L’année dernière, nous avons donné un prix au film A l’air libre de Nicolas Ferran et Samuel Gauthier, qui se déroule dans une ferme de la vallée picarde qui accueille des détenus en fin de peine.

Vous pensez que le cinéma est un bon média pour cela ?

A.L : Oui, la salle de cinéma est un lieu de silence, qui oblige à se taire, à regarder, à écouter, ce qui est de moins en moins possible dans le brouhaha actuel qui ne permet plus ni de voir, ni d’entendre la souffrance de l’autre. Ce n’est jamais facile de donner la parole aux sujets en difficulté et encore moins d’écouter ce qu’ils nous disent Le cinéma est aussi un bon média pour comprendre et visualiser certains processus à l’œuvre, comme la progression du travail des éducateurs avec des enfants. En matière de social, le cinéma rend perceptible ce qu’il est difficile de faire émerger autrement. 

Certains de ces films seront disponibles en ligne durant le festival sur la plateforme internet de 25 e image.