Les dirigeants rassemblés pour la COP26, qui s’est déroulée à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre dernier, se sont engagés sur un certain nombre de promesses pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique. Mais on est encore loin du compte, si l’on en croit les résultats de l’étude que vient de publier l’Agence européenne de l’environnement (AEE).

En effet, l’institution tire la sonnette d’alarme sur la pollution aux particules fines PM 2,5 (particules en suspension dans l’air dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres).

Elle constate qu’il y a eu, en 2019, 307 000 décès prématurés dus à la mauvaise qualité de l’air dans l’Union européenne, dont 30 000 en France.

Même s’il a diminué de plus de 10 % en un an, ce chiffre reste particulièrement élevé selon l’agence, qui précise que plus de la moitié de ces vies pourraient être sauvées si les 27 pays membres respectaient les nouveaux objectifs de qualité de l’air récemment fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La pollution aux particules fines a été responsable, en 2019, de 53 800 décès prématurés en Allemagne, 49 900 en Italie, 29 800 en France et 23 300 en Espagne. Avec 39 300 morts, la Pologne est le pays le plus touché relativement à sa population.

Agence européenne de l’environnement (AEE)

Des dégâts sur la santé

Le rapport de l’AEE précise que les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux sont les causes les plus fréquentes de décès prématurés imputables à la pollution atmosphérique, suivies par les maladies pulmonaires et les cancers du poumon.

Chez les enfants, la pollution atmosphérique peut entraver le développement des poumons, provoquer des infections respiratoires et aggraver l’asthme.

7 millions de morts prématurées dans le monde seraient attribuables chaque année à la pollution de l’air, presque autant que le tabagisme ou la mauvaise alimentation.

OMS

Qu’est-ce qu’on attend pour agir ?

L’AEE milite pour réduire d’au moins 55 % le nombre de décès prématurés par les particules fines. D’autant que la population européenne tend à vieillir et est donc plus vulnérable.

« Une population plus âgée est plus sensible à la pollution atmosphérique et un taux d’urbanisation plus élevé signifie généralement que davantage de personnes sont exposées aux concentrations de particules fines, qui ont tendance à être plus élevées dans les villes ».

AEE

Déjà, respecter les normes mises en place par l’OMS seraient un but à atteindre pour les 27 pays membres, qui sont loin de les mettre en application.

L’amélioration de la qualité de l’air devrait profiter non seulement à la santé humaine, mais aussi au climat, puisque certains polluants participent au réchauffement et que les sources de pollution de l’air sont aussi celles qui émettent le plus de gaz à effet de serre.