Le livre de la journaliste Cécile Andrzejewski, Silence sous la blouse, met à jour les violences et le harcèlement sexuel à l’hôpital. Des témoignages choc qui mettent à mal la communauté hospitalière.

Cécile Andrzejewski, journaliste, donne la parole dans son livre Silence sous la blouse, aux victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles en milieu hospitalier. Un pavé dans la mare de l’hôpital et des grands pontes de l’institution.

Domination et pouvoir à l’hôpital

Le livre donne la part belle aux témoignages, tous plus édifiants les uns que les autres :  « Dans un grand hôpital, Justine, infirmière, est soulevée du sol par un chirurgien qui l’embrasse de force. Ailleurs, Jessica et d’autres soignantes se plaignent d’avoir dû étaler de la crème sur le corps et les fesses d’un anesthésiste. A l’autre bout du pays, L. et ses collègues sont menacées à coups de pieds dans le bloc. Ailleurs encore, Laurie, technicienne de labo, subit fessées et caresses de la part de son chef biologiste… ». Ou encore « On m’avait dit qu’il fallait retirer ses sous-vêtements pour rentrer au bloc, pour des raisons d’hygiène. Ce que j’ai fait… »

Toutes ont été agressées, certaines ont essayé d’alerter et de parler, d’autres se sont tues, broyées par le système. Du côté des agresseurs, c’est l’omerta totale. Le personnel de l’hôpital est pour la plupart féminin mais les postes de responsabilité sont toujours occupés par des hommes et la culture des carabins est de loin l’une des plus machiste.

Il faut donc agir et vite. Car l’hopital n’est pas épargné par les retombées de l’affaire Harvey Weinstein. La journaliste préconise que des études quantitatives soient menées dans ce milieu par les autorités compétentes. Car pour l’instant, aucun chiffre précis ne vient étayer cette enquête, mais les témoignages sont effrayants. Le milieu médical serait-il plus violent que d’autres pour les femmes ? La nouvelle génération de médecins (qui tend à être majoritairement féminine) changera-t-elle la donne ?

Silence sous la blouse, de Cécile Andrzejewski, éd. Fayard, 19 €.