Dans les pôles Ressources Santé de la Ville de Lille, en partenariat avec l’Union régionale de la mutualité française, la Mdgoss et l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, toute une chaîne se mobilise pour que le parcours de soins optiques ne se transforme pas en parcours du combattant.


Le réfractomètre est branché, l’échelle de lecture Monoyer est affichée : MFZU… Pas de doute, c’est bien une salle de dépistage optique qui s’installe pour la matinée. Pourtant, nous sommes juste à côté de la ludothèque, au centre social Mosaïque de Lille-Fives. Marlène Salvy, opticienne mutualiste du magasin de Lille-Kennedy, se déplace ici deux fois par an, avec tout son matériel. Elle recevra aujourd’hui une quinzaine de personnes, gratuitement.

Pendant ce temps, au rez-de-chaussée du centre social, Emmie Lebrun, chargée de prévention à la Mutualité française, accueille les personnes qui se sont préinscrites pour ce dépistage et les reverra juste après leur entretien avec Marlène : s’agit-il d’un renouvellement de lunettes ? Un problème de vue a-t-il été détecté ? Dans ce cas, rendez-vous sera pris avec les ophtalmologues de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Quel que soit le résultat du dépistage, la personne sera accompagnée jusqu’au bout des démarches.

« Ce n’est pas si simple de se soigner. » Séverine Coquelle, responsable du pôle Ressources Santé de Lille-Fives, analyse : « Nous recevons de nombreuses personnes éloignées du système de santé. L’avantage de ces dépistages optiques de proximité ? La personne vient dans un lieu repéré, dans son quartier. C’est bien moins difficile que de prendre un rendez-vous chez un ophtalmologue. Grâce à ce partenariat avec la Mdgoss et l’hôpital Saint-Vincent, la personne est accompagnée du début jusqu’à la fin. Le pôle Ressources Santé vérifie qu’elle a bien ses droits ouverts, l’accompagne pour les ouvrir au plus vite dans le cas contraire, prend le rendez-vous à l’hôpital Saint-Vincent. »
Les raisons de renoncer aux soins opti­ques sont toujours les mêmes : « la méconnaissance du système, le coût des équipements, la mobilité, parfois la barrière de la langue », rappelle Emmie. Par exemple, nombreux sont ceux qui ne vont pas jusqu’à l’achat des lunettes si une correction s’impose. « Pour que cela n’arrive plus, explique Séverine, après confirmation et prescription de l’ophtalmologue, Marlène revient au centre social avec un choix de montures sans reste à charge. Les personnes les essaient et l’opticienne les reverra avec les équipements réalisés ; les réglages se feront aussi sur place. »

Confiance et solidarité

« Les personnes reçues lors du dépistage se sentent vraiment en confiance, témoigne Marlène, ici ou dans les quatre autres pôles où nous intervenons avec ma collègue. Le dispositif existe depuis quatre ans. Je me souviens d’un jeune adulte handicapé qui n’avait jamais consulté. Une myopie importante a été dépistée. Après son rendez-vous chez l’ophtalmologue, le port de lunettes a changé complètement sa vie, aux dires de son référent. Il s’est ouvert au monde à trente ans ! Je travaille pour une mutuelle sociale et solidaire : les dépistages effectués ici lui donnent tout son sens. » 

Smh-Mdgoss : un duo visiblement gagnant

Une convention signée entre la Smh et la Mdgoss permet aux adhérents de la Smh de bénéficier de conditions particulièrement avantageuses dans l’ensemble du réseau Mdgoss, soit trois magasins dans la région.
En 2018, ces centres d’optique ont à nouveau reçu pour trois ans la certification QualiOptic délivrée par le Bureau Veritas, pour la qualité de la prestation de vente et de service après-vente.
• 366, rue du Faubourg-d’Arras, 59000 Lille. Tél. 03 20 85 93 19.
• 42, avenue Kennedy, 59800 Lille. Tél. 03 20 30 87 25.
• 31, rue Henri-Durre, 59590 Raismes. Tél. 03 27 25 58 27.

Marie-Hélène Olla