Martin Blachier, médecin de santé publique, plaide pour des gestes barrière simples (port du masque et limitation des rassemblements en lieux clos) et non sur la peur pour contenir l’épidémie de Covid-19.

Comment analysez-vous la situation actuelle de l’épidémie de coronavirus ?

Il y a un rebond de l’épidémie qui a commencé mi-août, mais nous sommes loin d’être dans la situation d’avril dernier. Certes, on observe une hausse des hospitalisations et nous allons vers une remontée du nombre de personnes en réanimation et forcément, malheureusement, du nombre de décès.

Il faut attendre quelques semaines avant que l’« effet » masque joue. Le port du masque est obligatoire seulement depuis le 20 juillet dans les commerces et depuis le 1er septembre dans les entreprises et les écoles. Et, dans les lieux clos, il divise par 4 ou 5 le risque de transmission du virus.

Votre message est plutôt rassurant ?

Il n’y a pas lieu d’avoir peur : pour l’instant, on n’est pas dans un modèle épidémique exponentiel mais plutôt linéaire. Cette deuxième vague démarre plus doucement car les mesures barrière permettent de la contenir. Le port du masque et la limitation des rassemblements dans les lieux clos restent les deux mesures barrière les plus pertinentes pour limiter l’impact de cette reprise épidémique.

Grâce à ces deux mesures simples et compréhensibles par tous, nous arriverons à gérer l’épidémie. Le masque est une arme très puissante contre la Covid-19. D’ailleurs, la majorité des gens le portent, c’est ça le plus important.

Vivre masqué, pendant combien de temps ?

Encore quelques mois. Pour l’instant, grâce à une bonne météo, nous vivons beaucoup à l’extérieur, mais cet hiver, il faudra respecter les gestes barrière et surtout continuer à porter le masque à l’intérieur. Les lieux à haute contamination, d’après une récente étude américaine, sont les bars, discothèques, restaurants, salles de sport où naturellement les gens ne portent pas le masque.

Sinon, la vie peut reprendre tout à fait normalement, en faisant attention à nos aînés et aux personnes fragiles, (l’isolement est un poids pour ces derniers), en évitant les grands rassemblements à l’intérieur (fêtes de famille, mariages…) jusqu’à ce que nous ayons trouvé un vaccin et des traitements efficaces.