Que sait-on à l’heure actuelle du coronavirus ? Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon (69), et pilote du programme Discovery, a expliqué, lors de la conférence de presse donnée par le Premier ministre, le 19 avril dernier, où en était la recherche sur le coronavirus à la lumière de toutes les études menées dans le monde. Mais il reste encore des inconnues.

En quatre mois, la recherche sur le coronavirus a explosé. Les chercheurs du monde entier partagent désormais leurs travaux et les connaissances avancent à grands pas. « On en sait plus sur le génome, le récepteur d’attachement, les descriptions des formes cliniques, la chronologie de la maladie et les étapes de la réponse immunitaire », se réjouit Florence Adler, qui dirige le programme Discovery, un essai clinique de grande ampleur qui testera quatre traitements potentiels, sur 3 200 patients en Europe. Et, dont les résultats seront connus fin avril.

« C’est absolument extraordinaire, parce que si on se projette dans ce qu’il a pu se passer dans l’épidémie Vih, on a mis plusieurs années à acquérir la somme de connaissance qu’on connaît actuellement déjà sur le coronavirus”, relève-t-elle.

Les avancées

« On commence à mieux connaître le virus se félicite Florence Ader. Sa carte d’identité, c’est-à-dire son génome. On a également identifié les portes d’entrées du virus, soit ce qui lui permet de s’attacher aux cellules ». On en sait plus sur les symptômes : la fièvre, la toux sèche, les courbatures, un rhume, des maux de gorge, une diarrhée, la perte d’odorat et de goût mais aussi des manifestations cutanées et récemment, on a découvert que le virus pouvaient entraîner des lésions neurologiques. La plupart (environ 80 %) des personnes guérissent sans avoir besoin de traitement particulier.

Les inconnues

Mais il reste des zones d’ombres. On ne sait pas « pourquoi les enfants sont relativement peu touchés avec des formes symptomatiques peu importantes », remarque Florence Ader. D’autre part, on voit que les hommes sont plus souvent infectés par le virus que les femmes et plus sujets à développer des formes graves de la maladie. On ignore encore toutefois les causes exactes de cette disparité. On n’explique toujours pas pourquoi, certains développent des formes graves de la maladie et pour ceux qui sont hospitalisés, « on ne sait toujours pas prévoir quels sont ceux dont l’état va se dégrader ». On constate également que le virus peut entraîner des lésions cardiaques, pulmonaires, rénales même chez des personnes qui n’avaient pas d’antécédents. Pourquoi ? On ne le sait pas encore.

Mais, la grande question reste : quelle est la réponse immunitaire contre le virus ? « La maladie n’est peut-être pas, a priori, immunisante, a déclaré Florence Ader dimanche. C’est une question à laquelle nous ne sommes pour l’instant pas capables de répondre ». « On n’en sait pas plus sur la ré-infection par le virus : une personne infectée peut-elle l’être une deuxième fois ?

Les traitements

Plusieurs pistes sont avancées : des médicaments antiviraux et la question est de les tester. « Un certain nombre de travaux ont été menés in-vitro et un certain nombre de molécule ont été retenues, des molécules utilisées dans le Vih par exemple, une autre molécule qui a déjà été testée dans Ebola », explique la Pr Ader. D’autres traitements ont été essayé, notamment la chloroquine et l’hydroxychloroquine.

En savoir plus sur le virus sur le site de l’Organisation mondiale de la santé.