Par crainte de contracter la Covid-19, certains patients évitent de consulter leur médecin traitant, de se faire soigner par un infirmier ou un kinésithérapeute, ou même de réaliser des examens de dépistage, au risque de voir leur santé se détériorer. Pour inciter la population à recourir aux soins en cette période de confinement, une campagne d’information de l’assurance maladie et de Santé publique France rappelle ce message essentiel : « Pendant l’épidémie, quels que soient vos problèmes de santé, faites-vous soigner »

En avril 2020, au plus fort de la première vague épidémique, on a observé une baisse de 31 % du nombre de consultations (y compris en téléconsultation) pour les médecins généralistes par rapport à la même période de l’année précédente. Cette baisse était encore plus marquée pour les spécialistes, s’élevant à 56 %. Santé publique France a également observé une baisse des hospitalisations pour Avc (jusqu’à – 27 %) et infarctus du myocarde (jusqu’à – 40 %) et une hausse des décès à l’hôpital des Avc et, dans une moindre mesure, des infarctus, ainsi qu’une augmentation des complications immédiates en lien possible avec une prise en charge tardive. 

Le premier confinement a aussi entraîné une baisse des examens permettant de dépister des cancers. Ainsi, au 13 septembre 2020, on constate une diminution significative de l’utilisation de produits pour réaliser des diagnostics médicaux, notamment par endoscopie ou par imagerie. 

Par rapport à ce qui était attendu, le nombre de nouveaux traitements pour le cholestérol (statines), pour des maladies cardiovasculaires (antiagrégants plaquettaires) ou l’insuffisance cardiaque ou rénale (furosémide) ont tous baissé d’au moins 10 %. 

Des professionnels de santé organisés

Durant ce deuxième confinement, il est non seulement possible mais essentiel de se faire soigner sans attendre.

Des solutions existent pour éviter de se déplacer : téléconsultation, télésurveillance, télésoin, et même, dans certains cas, consultation par téléphone… C’est pourquoi, que l’on soit dans une situation de fragilité nécessitant un suivi particulier ou que l’on ait tout simplement besoin de consulter, il faut impérativement contacter son médecin pour prendre rendez-vous : 

• en recourant à la téléconsultation (prise en charge à 100 %, sans avance de frais) à chaque fois que possible. Certains patients rencontrant des difficultés d’accès au numérique peuvent se voir proposer une consultation par téléphone. 

• en se rendant sur place : tous les professionnels de santé (médecins, infirmières, kinésithérapeutes ou sages-femmes) se sont organisés pour limiter au maximum les risques de contamination. 

Ces recommandations concernent particulièrement les personnes vulnérables comme les nourrissons ou les femmes enceintes. Les enfants doivent continuer à être vaccinés. Quant aux personnes atteintes de maladies chroniques, elles doivent continuer à prendre leurs médicaments habituels, maintenir leurs rendez-vous et examens médicaux. 

Il faut noter aussi que dans certains cas, l’ordonnance peut être renouvelée par le pharmacien ou l’infirmier même si elle est périmée. 

Les dépistages organisés du cancer colorectal et du sein continuent : contrairement au premier confinement, après avoir repris depuis cet été, ils ne sont pas interrompus. 

Urgence : ne pas attendre

Enfin, en cas d’urgence, notamment suspicion d’un Avcou d’une crise cardiaque, il est primordial de ne pas attendre pour appeler le 15 (ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). 

Pour inciter la population à recourir aux soins en cette période de confinement, une campagne d’information, portée conjointement par le ministère des Solidarités et de la Santé, l’assurance maladie et Santé publique France, rappelle ce message essentiel : « Pendant l’épidémie, quels que soient vos problèmes de santé, faites-vous soigner »