
La crise des urgences serait le symptôme d’un système de santé qui n’a pas anticipé le vieillissement de la population. Tel est le constat du rapport « Alternatives et aval des urgences », remis le 16 juillet à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Treize propositions sont avancées pour fluidifier les parcours, en particulier des personnes les plus âgés.
Urgences : de plus en plus de personnes âgées
Les urgences accueillent de plus en plus de personnes âgées, fragiles, souffrant de plusieurs pathologies. Souvent, se rendre aux urgences est devenu le dernier recours pour ces patients. Et, beaucoup y restent plusieurs jours faute de solutions adaptées. On manque de lits en service gériatrie, de médecin traitant pouvant prendre le relai, de place en Ehpad…
Les Ehpad où il faudrait, d’ici 2050, 365 000 places en plus des 640 000 existantes, expliquent les auteurs du rapport. D’autre part, on dispose de peu de réponses adaptées en matière d’hospitalisation à domicile (HAD) où les besoins sont criants.
En ce qui concerne les seniors les moins dépendants, précise le rapport, ils « devront rester à domicile ou en résidence autonomie ». Cela nécessiterait « la création de 800 000 emplois ».
C’est donc toute la politique du grand âge qui est appelée à évoluer. Et « tous les acteurs d’un territoire » : soignants de ville, hôpital, médico-social… devront être sollicités. Un dispositif qui doit être pensé comme les différentes étapes d’un même parcours.
Les propositions
Pour désengorger les urgences, les auteurs préconisent également de renforcer les filières gériatriques des Samu-SAS, développer les équipes mobiles pouvant intervenir à domicile ou en Ehpad et « permettre aux professionnels de santé d’obtenir rapidement l’avis d’un spécialiste ».
La formation des soignants est au centre de ce dispositif de changement. La formation médicale est aujourd’hui « concentrée sur les spécialités d’organe » techniques. Au « détriment de formations plus holistiques » (médecine interne, gériatrie, urgence…). Ce qui « ne correspond plus aux besoins », notent les auteurs. Ils proposent aussi de créer une spécialité « gériatrie » pour les infirmières en pratique avancée (IPA), déployables notamment dans les Ehpad.
Il faudra augmenter substantiellement le nombre de lits, de « médecine interne et polyvalente », indique le rapport, en y adossant un « solide service social » et en supprimant des « lits de spécialité » dans les petits établissements.
Enfin, l’idée est aussi de faire davantage travailler ensemble médecine de ville, hôpital, Ehpad et secteur médico-social.

























