Dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France fait état de cinq cas groupés survenus dans les Pays de la Loire en 2013 et 2016. 

Déjà amputée d’une jambe suite à un syndrome du choc toxique lié au port de tampons en 2012, la mannequin américaine Lauren Wasser, âgée de vingt-neuf ans, a annoncé le mois dernier que sa jambe restante connaîtra prochainement le même sort en raison de complications.

L’affaire avait provoqué, il y a cinq ans, une vague d’inquiétude à travers le monde, concernant la composition des tampons. Des pétitions ont fleuri sur la Toile, demandant une plus complète transparence, jusqu’à pousser, au printemps 2017, les plus grands fabriquants de tampons, Nett et Tampax, à publier la liste des composants de leurs produits.

Dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire, publié ce mardi 23 janvier, Santé publique France rappelle pourtant que l’affection, particulièrement grave, reste rare et évoque plus un risque lié à un « mésusage des tampons périodiques » qu’à leur composition.

Une mauvaise utilisation des tampons

Le syndrome du choc toxique est provoqué par une bactérie, le staphylocoque doré, produit par la plupart des femmes sans être dangereux. « Une étude de séroprévalence, conduite aux États-Unis, a montré que 81 % des adolescentes de 13 à 18 ans avaient développé des anticorps qui luttent contre ces toxines », soulignent les auteurs de l’article. En France, une vingtaine de cas sont signalés chaque année par des cliniciens auprès du Centre national de référence des staphylocoques à Lyon (Cnr), sans augmentation significative sur ces six dernières années.

Une absence de ces anticorps, alliée à une mauvaise utilisation des tampons, serait à l’origine du choc toxique pour les cinq cas présentés dans l’étude, tous survenus en Pays de la Loire. Les jeunes filles, âgées de 12 à 21 ans, avaient gardé leur tampon la nuit – excédant ainsi la limite des huit heures de port d’affilée -, pour quatre d’entre elles. La cinquième avait porté un tampon avant le début des saignements. Toutes ont utilisé des marques de tampons différentes, avec ou sans applicateur et aux pouvoirs absorbants de différents niveaux. Trois cas sur cinq utilisaient néanmoins des tampons d’absorption super/super+.

Un cas rapporté lié à une coupe menstruelle

Le risque d’être victime d’un choc toxique serait ainsi proportionnel « à l’absorbance du tampon utilisé, à la durée d’utilisation du tampon, au nombre de tampons utilisés durant les menstruations et au nombre de jours d’utilisation de tampons », selon les auteurs, qui rappellent la nécessité de suivre les recommandations présentes sur les notices des tampons et de porter des produits dont l’absorbance est adaptée au flux des menstruations.

« Le mécanisme d’action joué par le tampon est encore mal connu et un cas associé à l’utilisation d’une coupe menstruelle a été rapporté dans la littérature. Des travaux ont mis en évidence le rôle de la composition de la flore vaginale, qui faciliterait la survenue d’un choc toxique en augmentant la production de toxines […] Un projet d’étude est en cours au Cnr pour étudier l’impact du microbiote vaginal dans le développement du choc toxique. » Ce projet pourrait alors, dans le futur, permettre le développement de nouvelles techniques de prévention chez les personnes à risque. 

Pour en savoir plus : Syndrome du choc toxique lié aux règles : comment s’en prémunir ?