Depuis le 7 mars, Argentine Paoli, soixante-trois ans, préside la Mutuelle de la Corse, succédant au regretté François Vincensini, auquel elle entend faire honneur.

Fille de marin, Argentine Paoli a passé sa jeunesse à Marseille sans jamais couper ses liens insulaires. « Mes parents et moi, nous nous partagions entre Corse et continent lorsqu’en 1985, après cinq ans dans les Bouches-du-Rhône en tant que contrôleur du Trésor, puis ma réussite au concours d’inspecteur du Trésor, j’ai été affectée en qualité de chef de poste à la trésorerie de Prunelli-di Fiumorbu. Perception la plus plastiquée de Corse à l’époque ! Onze ans plus tard, j’intégrais l’office de l’environnement de la Corse pour en assurer la direction adminis-trative et financière. La conclusion d’un contrat mutualiste par cet établissement a renforcé mon esprit militant. Elue déléguée à la Mutuelle France Prévoyance, puis à la Mutuelle familiale de la Corse, j’y ai trouvé de fortes valeurs et une véritable écoute. Il n’était donc pas envisageable alors pour moi de quitter, une fois à la retraite, celle qui est devenue, au gré d’une fusion naturelle et réussie avec la Mutuelle générale de la Corse, la Mutuelle de la Corse.

Mission et formation

« Aujourd’hui, la Mdc demeure la première de l’île, proche des Corses parce que largement participative et investie sur le territoire, précise Argentine Paoli. Nous souhaitons élargir encore nos services, avec -l’appui des unions régionales mutualistes de Corse, et nous nous attelons à l’élaboration d’un plan stratégique territorial sur cinq ans. Ceci afin de nous maintenir et de nous développer face à la concurrence, tout en donnant à chaque adhérent, du plus jeune au plus âgé, ce dont il a besoin. » Ses nouvelles fonctions, l’ex-trésorière de la Mdc les entrevoit sous l’angle de l’expertise autant que de l’engagement moral : « François Vincensini a réalisé un travail remarquable. A sa suite, mon rôle est d’animer le conseil d’administration, dont il faut souligner qu’il réunit des personnes extrêmement compétentes. »

  

Détentrice d’un certificat de gouvernance des mutuelles, obtenu il y a peu sur les bancs de Sciences Po, à Paris, la présidente sait quelle place accorde la Mdc à la formation de ses équipes et de ses représentants. « Notre mutuelle ne ressemble à aucune autre, conclut la militante, qui se destinait au métier d’assistante sociale et reste impliquée dans l’association Luci pour les mal-voyants. La crise sanitaire que nous vivons et ses con-séquences économiques nous engagent encore davantage sur le chemin solidaire que nous nous sommes tracés. »

Eva Mattei