Selon une récente étude, les véganes auraient deux fois plus de risques que les non-végétariens de souffrir de dépression. En cause, une carence en fer et en vitamine B12, garante de la stabilité de l’humeur.

A l’heure où l’idée d’une alimentation moins carnée fait son chemin en France, et où des pétitions pour des alternatives végétariennes dans les cantines et des actions coups de poing de l’association L214 pour sensibiliser à la souffrance animale se développent, une étude britannique alerte sur les carences alimentaires générées par ce type d’alimentation. Celles-ci seraient à l’origine de dépressions, deux fois plus fréquentes chez les personnes au régime alimentaire exclusivement végétal que chez les consommateurs de viande.

Un trouble qui touche plus les véganes que les végétariens

La faute à une carence plus importante en fer et en vitamine B12, selon l’étude publiée en anglais dans la revue britannique Journal of Affective Disorders qui a été menée sur près de 10 000 hommes dont 350 végétariens ou végétaliens. Ces éléments sont en effet essentiels au bon fonctionnement neuronal et jouent également un rôle dans la régulation de l’humeur.

Or, ils sont principalement présents dans les viandes, les poissons, les crustacés, les produits laitiers et dans une moindre mesure, dans les œufs. Cette carence est par conséquent beaucoup plus fréquente chez les véganes, qui excluent de leur alimentation les produits issus de l’exploitation animale (50 % souffrent d’une carence en vitamine B12) que chez les végétariens, qui eux, consomment généralement œufs et produits laitiers (seuls 7 % souffrent d’une carence en vitamine B12).

Privilégiez l’oméga 3

D’autres facteurs de risque de troubles de l’humeur sont également pointés du doigt par les chercheurs : un excès d’oméga 6, que l’on trouve en grande quantité dans certaines noix (noix de Grenoble et noix du Brésil) ou un taux élevé en phyto-oestrogènes, issus d’une alimentation riche en légumineuses, légumes et soja.

Mais les alternatives à la viande ne sont pas toutes à proscrire. L’étude souligne en effet, dans un premier temps, que les régimes végétariens sont associés à des bienfaits non négligeables sur la santé, en réduisant par exemple le risque de développer des maladies cardio-vasculaires. Et pour pallier les effets de ces manques en fer et en vitamine B12, les chercheurs préconisent de consommer des acides gras essentiels (oméga 3), « bons pour le moral ». Ils sont notamment présents dans les graines de lin, les graines de chia, dans la mâche, les amandes, l’huile de colza ou encore certains poissons gras.

Une réserve cependant, et de taille : l’étude ne porte que sur des hommes. Or, les chiffres, en termes de carence, pourraient être encore plus importants s’ils s’intéressaient aux femmes. Elles ont besoin en effet d’apports journaliers en fer et en vitamine B12 plus conséquents que les hommes (18 mg de fer par jour de la puberté à la ménopause contre 8 mg de fer pour les hommes). Sans parler des femmes enceintes, dont les recommandations en fer atteignent 27 mg par jour pour le bon développement neuronal du fœtus.