Une « profonde souffrance au travail » et surtout un « fort sentiment d’abandon », voilà ce que ressentent les infirmiers et les aides soignants.

Les infirmiers et aides soignants sont en grève le mardi 8 novembre pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail. Ce mouvement, suivi par 18 syndicats et collectifs d’infirmiers et trois centrales de personnels de la fonction publique (Cgt, FO et Sud), témoigne d’une « profonde souffrance au travail » et surtout d’un « fort sentiment d’abandon », aussi bien à l’hôpital qu’en ville.

Des soignants en situation de profonde souffrance au travail

Les suicides de cinq infirmiers cet été ont été le révélateur d’une dégradation, depuis quelques années, des conditions de travail, suite aux coupes budgétaires, d’après les centrales syndicales.

« Depuis le plan Hôpital 2007 et l’instauration de la Tarification à l’activité (T2A), les conditions de prise en charge des patients se sont encore plus dégradées, en milieu hospitalier, mais plus généralement tout au long du parcours de soin. Les mesures successives de restrictions budgétaires conduisent, depuis longtemps déjà, à décentrer les soins du patient pour une politique de gestion purement pécuniaire. » alerte Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale des infirmiers (Cni) qui dénonce une gestion uniquement comptable.

D’autres récriminations tournent autour du nombre de demandes de disponibilités croissant dans la fonction publique, mettant en lumière le « ras le bol » des infirmiers mais aussi la précarisation de la fonction à cause des contrats temporaires. Pourtant, le salaire des infirmiers a été revalorisé, défend la ministre de la Santé Marisol Touraine, mais ils étaient fortement sous-rémunéré au regard de leurs niveaux d’études, de compétences et de leurs responsabilités, répond la profession.

Manifestation à Paris, le mardi 8 novembre. Le cortège partira de Montparnasse à 10 h, et se dirigera vers le ministère de la Santé.

Les professionnels contraints de travailler pour maintenir la continuité des soins arboreront un brassard de solidarité au mouvement de grève.

Les pétitions mises en ligne sur les sites mes opinions.com et change.org ont rassemblé près de 45 000 signatures.