Cancer du colon : le dépistage, c'est parti !

A l’occasion de l’opération Mars Bleu, mois de sensibilisation consacrée au cancer du colon, l’association France Côlon rappelle l’importance du dépistage.

À l’occasion de Mars Bleu 2017, l’association France Côlon publie les résultats de l’enquête nationale « Vivre avec un cancer colorectal » et rappelle l’importance du dépistage. Les autorités sanitaires proposent aux personnes âgées de 50 à 74 ans un test de dépistage à faire domicile. Depuis 2016, un nouveau test est disponible, très facile d’utilisation et remboursé à 100% par l’Assurance maladie.

Cancer colorectal : maladie taboue

Avec 43 068 nouveaux cas en France en 2015 dont 54,6 % survenant chez les hommes, le cancer du côlon-rectum se situe, tous sexes confondus, au 3ème rang des cancers les plus fréquents, après le cancer de la prostate et le cancer du sein. En 2015, 17833 personnes sont décédées dessuites de ce cancer. D’où l’importance majeures du dépistage et de l’information surtout sur les symptômes qui peuvent alerter. « Globalement, le cancer colorectal présente des symptômes digestifs plutôt courants comme la constipation, la diarrhée, le mal de ventre. », explique l’association France Côlon.

Mais ce sont des symptômes qui ne font pas forcément penser au cancer colorectal. Ce manque de connaissancesdes symptômes explique le retard de consultation des patients et donc le stade parfois avancé du cancer lors du diagnostic. « Les autorités de santé doivent mettre en place une campagne de sensibilisation à ces symptômes pour que les personnes puissent consulter rapidement et que le cancer colorectal soit pris à temps », insiste Stéphane Korsia-Meffre, responsable de l’enquête « Vivre avec un cancer colorectal ». 34% affirment avoir attendu plus de 6 mois avant de voir unprofessionnel de santé.

La moitié des patients a découvert sa maladie alerté par ses symptômes, principalement du sang dans les selles et de la fatigue, indique l’étude.

Pourtant, dépisté à temps, il guérit dans plus de 90 % des cas (contre 50 % en cas de dépistage tardif).

« Cette maladie est encore taboue en France, nous n’en parlons pas suffisammentet nous en parlons mal. Il faut casser les codes actuels de la communication sur le cancer colorectal. Le recours à l’humour dans les campagnes de sensibilisation est plus efficace qu’un discours culpabilisantou dramatique », alerte Jean-Louis Bertou, président de France Côlon. Près d’un tiers des patients (34%) a attendu plus de 6 mois avant de consulter.

Les femmes ont plus de mal à vivre avec la maladie

Les femmes sont les plus nombreuses à consulter dans le mois qui suit la survenue de symptômes (45% contre 39% des hommes) et à effectuer rapidement la coloscopie de confirmation (38% contre 22% des hommes, à moins d’une semaine après la consultation).

Cependant, elles auraient plus de difficultés que les hommes à vivre la maladie : 21% d’entre elles ont recours à un suivi psychologique contre 14% des hommes ainsi qu’aux psychotropes (15% contre 7%), selon l’étude.

Interrogés sur leur qualité de vie, si la relation avec les proches ne semble pas perturbée, la sexualité du couple est, elle, entachée. 59% des personnes interrogées déclarent que la fréquence de leurs rapports sexuels a diminué.

Par ailleurs, 20% des patients ont déclaré connaître des difficultés financières, essentiellement les femmes (24% contre 16% des hommes) et les personnes âgées de moins de 65 ans (31% contre 5% des plus de 65 ans).

Concernant le rapport au travail, 39% indiquent que le cancer et les traitements influent sur leur aptitude à travailler et 20% affirment avoir peur de perdre leur emploi.

Pour garder le moral, les patients plébiscitent la vie de famille à 73% et les amis à 52%. Ils pratiquent une activité physique ou sportive à 31%, ont une activité professionnelle (27% des personnes interrogées sont actives), s’adonnent à la relaxation à 11% ou ont une activité sexuelle (8%).