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IVG : un accès encore difficile

Selon la deuxième édition du baromètre Planning familial, les délais d’attente compliquent le parcours des femmes qui veulent avorter. © 123RF

Plus de deux ans après la proclamation du droit à l’avortement dans la Constitution, comment se passe concrètement l’accès à l’IVG ? Le dernier baromètre du Planning familial alerte sur les difficultés qui persistent.

C’était le 8 mars 2024. La France devenait le premier pays au monde à reconnaître dans sa Constitution la liberté de recourir à l’avortement, qui relève de la seule appréciation des femmes. Pourtant, force est de constater que de nombreux obstacles et tabous compliquent encore l’accès à l’interruption volontaire de grossesse.

Délais d’attente trop longs, accès inégal…

Selon la deuxième édition du baromètre Planning familial, les délais d’attente compliquent le parcours des femmes qui veulent avorter. 72 % des femmes (3 sur 4) ayant avorté dans un établissement de santé ont attendu plus de sept jours pour obtenir leur rendez-vous. Contre 54 % en 2024 (+18 points). Des chiffres préoccupants qui prouvent une fois de plus qu’il manque de structures adéquates et de professionnels pratiquant l’IVG. Le Planning note que l’accès reste plus compliqué dans les zones rurales et éloignées des grandes villes.

Tabous

Une femme sur 2 (50 %) indique qu’un professionnel de santé a refusé de l’accompagner pour l’intervention. Contre 27 % en 2024. Le professionnel a-t-il fait valoir sa clause de conscience ? On ne le sait pas, selon le Planning familial.

Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France a atteint 259 400 en 2025. Soit une hausse de 2,9 % par rapport à 2024, selon les chiffres de la Drees.

Les femmes rapportent que les antidouleurs ne sont par ailleurs pas toujours proposés. Une femme sur 5 dit n’avoir pas eu le sentiment d’avoir pleinement le choix de sa méthode d’IVG (médicamenteuse ou par aspiration).

Face à cette réalité, le Planning alerte sur l’importance de « pouvoir accéder à une IVG dans des délais adaptés, partout sur le territoire, choisir sa méthode, disposer d’une information fiable et être accompagnée sans pression ni jugement ».

LE NOMBRE D’IVG CONTINUE D’AUGMENTER EN FRANCE
Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France a atteint 259 400 en 2025. Soit une hausse de 2,9 % par rapport à 2024, selon les chiffres de la Drees. Cette hausse se poursuit depuis 2022. L’augmentation touche toutes les tranches, avec un pic marqué chez les 25-29 ans. La méthode médicamenteuse représente 81 % des avortements pratiqués. Un quart des IVG sont désormais réalisées hors des établissements de santé, notamment par des sages-femmes en ville.