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Pénuries de médicaments : les plus fragiles en première ligne

Les médicaments traitant des pathologies cardiovasculaires ou du système nerveux représentent plus de 60 % de tous les signalements  de pénurie ; les antibiotiques, 8,5 % ; les psycholeptiques et anticancéreux, 5 % chacun ; les antidiabétiques, 3,1 %..

Depuis une dizaine d’années, les ruptures de médicaments augmentent de façon préoccupante en France. Selon une étude de l’ANSM, les personnes âgées, les femmes et les jeunes sont les plus exposés aux conséquences.

Davantage de signalements

En 2023, près de 5 000 médicaments ont fait l’objet de signalements de rupture auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), contre 3 761 en 2022 et 2 160 en 2021. Même si la situation s’est améliorée en 2024, elle demeure à un niveau historiquement élevé. Ces chiffres concernent les « médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), c’est-à-dire les traitements dont l’absence peut entraîner une perte de chance importante pour les patients ou mettre en jeu leur pronostic vital », précise l’ANSM

Tous concernés

Tous les traitements sont impactés, même les plus courants comme les collyres ou ceux contre les allergies saisonnières. Mais certains le sont plus que d’autres. Les médicaments traitant des pathologies cardiovasculaires ou du système nerveux représentent plus de 60 % de tous les signalements ; les antibiotiques, 8,5 % ; les psycholeptiques et anticancéreux, 5 % chacun ; les antidiabétiques, 3,1 %.

Pourquoi ?

La France reste très dépendante de la production étrangère, malgré la promesse de relocalisation. Les autorités de santé françaises ont, en outre, tendance à négocier les prix à la baisse. Conséquence ? Les laboratoires choisissent des marchés plus avantageux, comme les Etats-Unis. Enfin, les industriels préfèrent abandonner la production de molécules anciennes, bon marché et pourtant efficaces, pour s’orienter vers des traitements innovants vendus à des prix plus élevés.

Femmes, seniors, jeunes

Au total, près de 39 % des Français sont touchés. Selon l’ANSM, les personnes âgées, les femmes et les jeunes sont particulièrement concernés par ces pénuries. Les moins de 20 ans sont plus exposés aux manques de vaccins, de traitements du système respiratoire et des organes sensoriels. La pénurie de 14 psychotropes en janvier, dont la sertraline, a concerné de nombreux jeunes. Les femmes, quant à elles, subissent le manque de médicaments dans de nombreux domaines : antibiotiques, analgésiques, antiépileptiques, et psychostimulants. Enfin, l’étude souligne que les populations vulnérables situées aux âges extrêmes de la vie, comme les personnes âgées et les enfants, « pourraient être davantage affectées en situation de pénurie et particulièrement à risque, car elles rencontrent plus de difficultés à s’adapter aux traitements alternatifs ». 

TAXER PLUS LES LABOS
Pour limiter ces pénuries, les autorités ont renforcé les obligations de stocks de sécurité pour tous les laboratoires. En septembre 2024, l’ANSM a infligé 8 millions d’euros d’amendes à onze laboratoires pharmaceutiques pour non-respect de ces obligations. Mais, selon France assos santé, les contrôles devraient être plus réguliers avec des sanctions plus sévères. Pour suivre la pénurie en temps réel : ici