
A la campagne, les aidants sont davantage exposés à l’isolement, à la fatigue et à une charge mentale importante. Une étude du Crédoc publiée en octobre 2026 met en lumière les difficultés spécifiques auxquelles ils sont confrontés au quotidien.
En France, 9,3 millions de personnes déclaraient aider régulièrement un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees – 2023). Accompagner un parent vieillissant, un conjoint malade ou un enfant en situation de handicap fait donc partie du quotidien de millions de Français. Mais derrière cet engagement se cachent des réalités différentes, notamment marquées par le lieu d’habitation. Une récente étude éclaire ainsi le quotidien des aidant en milieu rural.
« Risques d’isolement et d’épuisement »
Publiée en octobre 2026 par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), l’enquête met en lumière une aide reposant souvent sur une présence quotidienne et un nombre limité de relais. « Les aidants en milieu rural interviennent davantage seuls et au quotidien. Ils sont ainsi plus exposés aux risques d’isolement et d’épuisement », souligne le document.
Plus nombreux a habiter avec les personnes aidées
A la campagne, les trajets représentent un obstacle supplémentaire. « Les déplacements constituent une contrainte importante. Les distances à parcourir compliquent l’organisation de l’aide, tout en accentuant fatigue et dépenses. » Ceux qui habitent avec les personnes aidées sont par ailleurs nombreux. Un tiers des aidant ruraux vivent ainsi avec ceux dont ils viennent en aide. « Et 27 % résident à moins de quinze minutes, soit huit points de plus qu’en milieu urbain. Si cette proximité facilite les interventions, elle peut aussi brouiller la frontière entre le temps consacré à l’aide et la vie personnelle. »
Une plus grande charge mentale
Quatre aidants ruraux sur dix (44 %) jugent leur charge mentale difficile, voire très difficile à supporter. Soit cinq points de plus que les aidants urbains. La moitié (50 %) déclarent être la seule personne à accepter d’apporter son aide, tandis que 40 % interviennent tous les jours ou presque. Le travail est également affecté. « La plupart (82 %) des aidants ruraux interrogés ayant une activité professionnelle considèrent que leur rôle d’aidant a eu un impact sur celle-ci et très directement sur leur trajectoire professionnelle et leurs revenus. »
Face à ces difficultés, mieux sensibiliser le public au rôle des aidants est essentiel pour renforcer leur reconnaissance par les pouvoirs publics et mettre en place des mesures pour préserver leur santé, leur travail et leur vie personnelle.

























