Accueil Mutuelle des Alpes du Sud La mutuelle renouvelle son conseil d’administration et parle d’avenir

La mutuelle renouvelle son conseil d’administration et parle d’avenir

Au centre, Carole Hazé, présidente des Mutuelles de France, et Rémy Charpy, président de la Mutuelle des Alpes du Sud, lors de l'AG annuelle à Curbans. © MFAS

A l’occasion de l’AG annuelle de la MFAS, les délégués ont apprécié le discours combatif de Carole Hazé, présidente nationale des Mutuelles de France. 

Le 9 juin 2026, administrateurs et délégués de la Mutuelle de France Alpes du Sud (MFAS) ont tenu leur assemblée générale annuelle à Curbans, (Alpes-de-Haute-Provence). Le président de la MFAS, Rémy Charpy, y a signalé le départ de deux administrateurs historiques : « Jean-Claude Eyraud et Gérard Benoit passent le relais à une nouvelle génération, et trois nouveaux membres – Olivier Jourdan, Alain Miranda et Sylvie Banchelin – rejoignent le conseil d’administration. Agés de plus de 75 ans, Jean-Claude et Gérard ont choisi de quitter leurs fonctions et de laisser leur place pour favoriser le rajeunissement de la gouvernance. Ils auront marqué l’histoire de la mutuelle ! »

Préparation des AG locales

Le président a aussi posé les enjeux des trois assemblées locales à venir : « Les résultats financiers – en nette amélioration – seront présentés, nous échangerons avec les adhérents, aborderons les perspectives liées au prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale, et préparerons les évolutions éventuelles des cotisations pour 2027. Ce sera aussi l’occasion de recruter de nouveaux délégués ! » Il serait bienvenu, en effet, de renforcer la représentation de la mutuelle, notamment sur le secteur de Manosque. 

Rendez-vous donc le 9 octobre à Sisteron, le 10 octobre à Gap et le 12 octobre à Manosque. Les horaires et les lieux exacts seront annoncés sur le site web mfas.fr.

Notre mission ne consiste pas uniquement à compléter les remboursements de la Sécurité sociale, nous voulons aussi améliorer le système de santé, accompagner les personnes et innover dans une logique de progrès social.

Carole Hazé, présidente nationale de la FMF

Carole Hazé, présidente nationale de la Fédération des Mutuelles de France, s’est réjouie d’avoir assisté à cette assemblée générale : « Ce que je préfère dans ma fonction, c’est aller à la rencontre des militants et des délégués qui font vivre les mutuelles sur leur territoire. C’est un plaisir, mais c’est aussi un moment où je me ressource. Les grandes orientations nationales prennent ici tout leur sens, car je vois concrètement comment elles se traduisent au bénéfice des adhérents. La MFAS mène nombre d’actions de prévention et de promotion de la santé, accompagne ses adhérents et les informe sur leurs droits. Cette proximité – une véritable force – donne tout son sens à l’action mutualiste, fondée sur la solidarité, l’accompagnement et l’égalité d’accès aux soins. Ils connaissent les besoins du territoire, identifient les difficultés d’accès aux soins et mettent en place des réponses adaptées. »

Carole Hazé, présidente de la Fédération des Mutuelles de France et Rémy Charpy, président la Mutuelle France Alpes du Sud. © MFAS

Et la présidente d’aller plus loin : « Depuis mon élection, j’ai souhaité développer ce que j’appelle l’“aller vers”. Aller davantage à la rencontre des mutuelles, de leurs militants, de leurs adhérents. Construire ensemble nos orientations. Porter le débat auprès du grand public, des élus, des parlementaires et des institutions pour mieux faire connaître le rôle du mouvement mutualiste. Notre mission ne consiste pas uniquement à compléter les remboursements de la Sécurité sociale, nous voulons aussi améliorer le système de santé, accompagner les personnes et innover dans une logique de progrès social. C’est ce qui nous distingue fondamentalement des assurances privées, dont la finalité est économique. »

« La santé n’est pas une marchandise »

A but non lucratif, les mutuelles offrent à chacun un accès aux soins dans une logique de solidarité, qui « est à la fois notre finalité et notre mode de fonctionnement. La santé n’est pas une marchandise, c’est un droit fondamental », ajoute Carole Hazé. Justement, en 2027, des échéances électorales se profilent… « Les questions de santé figurent parmi les premières préoccupations des Français. Nous irons à la rencontre des candidats afin de porter les ­attentes des populations. Le coût des complémentaires santé augmente, mais ces hausses ne sont pas uniquement le fait des mutuelles. Elles résultent de décisions gouvernementales qui transfèrent progressivement vers les complémentaires des dépenses auparavant prises en charge par la Sécurité sociale. Ces transferts entraînent mécaniquement une hausse des cotisations. Nous voulons mettre fin à cette logique et défendre un meilleur accès aux soins pour tous. » Un discours à l’image de la Mutuelle de France Alpes du Sud. Offensif.   


« Une écologie fondée sur la science et l’éducation populaire »

Geneviève Santini, directrice des affaires politiques des Mutuelles de France, est intervenue à l’assemblée générale sur le thème de la santé globale.

Qu’est-ce que la santé globale ?

Geneviève Santini : La santé globale, c’est la prise en compte simultanée de la santé humaine, de la santé animale et de la santé des écosystèmes. Elle oblige à penser le risque écologique. Avec l’effondrement de la biodiversité, le changement climatique et la dégradation des écosystèmes, nous vivons une crise systémique du vivant. Il faut prendre conscience que préserver les équilibres du vivant est une des conditions premières de la santé. Les Mutuelles de France ont toujours défendu les conditions qui permettent d’être en bonne santé. Historiquement, ces conditions étaient le travail, le logement, les revenus ou encore l’accès aux soins. Aujourd’hui, nous devons intégrer la question de l’effondrement de la biodiversité, du changement climatique, de la destruction des éco­systèmes.

Parlez-vous du lien entre écologie et justice sociale ?

G. S. : Plus vos revenus sont élevés, plus vous émettez de gaz à effet de serre et moins vous êtes impacté car vous avez les moyens de vous adapter, ce qui n’est pas le cas des populations les plus fragiles. Donc, l’approche de santé globale que nous prônons prolonge le projet mutualiste et passe évidemment par la prévention mise en place par les Mutuelles de France.

Santé globale et protection des populations sont donc liées ?

G. S. : Cette approche par la santé globale est fidèle à l’ambition portée par le projet de Sécurité sociale, qui est de protéger les populations contre les incertitudes du lendemain. Et cela passe par la lutte contre l’extrême droite, car elle instrumentalise les peurs, récuse les savoirs et fragmente la société. 

Nous, aux Mutuelles de France, ­affirmons que la connaissance émancipe et donne le pourvoir d’agir. Elle protège des manipulations et renforce la démocratie. Nous avons acté que défendre une écologie fondée sur la science, la pédagogie, l’éducation populaire et le partage du savoir est dans la continuité du positionnement historique des Mutuelles de France. Nous sommes aujourd’hui dans une phase de sensibilisation et d’appropriation du sujet par les groupements et les militants. L’idée est qu’ensuite chaque mutuelle puisse s’approprier l’idée et développer des actions concrètes auprès de ses adhérents.