Les associations de lutte contre le sida dénoncent un scandale, suite à la demande d’une dizaine de maires de retirer les affiches de la campagne mettant en scène des homosexuels.

« Nous ne sommes malheureusement pas surpris. Mais la réaction de ces maires est hypocrite et homophobe », déplore Aurélien Beaucamp, président d’Aides, suite à la déclaration d’une dizaine de maires de vouloir retirer les affiches de la campagne contre le sida, lancée par Santé publique France.

A quelques jours de la Journée mondiale dontre le sida (jeudi 1er décembre), ces affiches visent à promouvoir l’ensemble des outils de prévention et le nouveau site sexosafe.fr dédié aux hommes ayant des rapports avec d’autres hommes (Hsh).

Les associations réagissent

« La censure est doublement néfaste : elle risque d’augmenter les contaminations Vih et, parce qu’elle est nourrie par l’homophobie, elle est néfaste pour les jeunes Lgbt en termes de santé mentale », défend Nelly Reydellet, directrice adjointe du Kiosque Infos sida et toxicomanie. « C’est une campagne de santé publique, faite par l’Agence nationale de santé publique, comme le Moi(s) sans tabac… Il ne devrait pas y avoir de levée de boucliers ! »

Pour l’association Act Up-Paris, ces initiatives sont « scandaleuses ». « Cette censure contribue à stigmatiser les homosexuels et les bi qui paient déjà le plus lourd tribut à l’épidémie. »

« C’est une vieille revendication des associations ; cela fait des années que l’on bataille pour une telle campagne, qui enfin arrive en cette fin de quinquennat », se réjouit Aides.

Marisol Touraine a décidé de saisir la justice administrative. « 30 000 personnes vivent avec le sida sans le savoir, il y a 7 000 nouveaux cas chaque année. La prévention est nécessaire. »