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Masculinisme : une « menace réelle » en France

Mulhouse - France - 6 March 2021 - women protesting in the street with gender symbols banner with text "égalité maintenant" in french, traduction in english : The equality now

Le masculinisme est « une menace réelle » pour la société française, alerte le Haut Conseil à l’égalité (HCE), dans le dernier rapport qu’il vient de publier.

Il est urgent de prendre la menace du masculinisme au sérieux et de mettre en place une vraie stratégie nationale d’information et de prévention contre cette nouvelle forme de sexisme violent. Telle est l’idée principale du dernier rapport annuel du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), publié le 21 janvier.

En France, 17 % des personnes de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au masculinisme.

Le masculinisme : une idéologie haineuse

Ce courant se diffuse de plus en plus dans notre société, prévient le rapport du Haut Conseil à l’égalité. Certes, un certain sexisme paternaliste – qui valorise les rôles traditionnels de chaque sexe et légitime une hiérarchie entre les hommes et les femmes – existe toujours. Il concerne près d’un quart de la population française, selon le rapport. Mais aujourd’hui, en France, 17 % des personnes de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au « sexisme hostile », c’est-à-dire au masculinisme.

Une menace réelle pour les femmes

Ce courant hostile peut entraîner « des violences, des actes terroristes », avertit le HCE. Comme ce jeune homme de 18 ans, interpellé l’été dernier à Saint-Etienne, car suspecté de vouloir attaquer des femmes avec des couteaux et se revendiquant de la mouvance « incels », branche radicale du masculinisme.

Le Haut Conseil à l’égalité tire la sonnette d’alarme et considère que ce nouveau sexisme violent constitue une « menace réelle ». Il doit être reconnu comme un enjeu de sécurité publique et appelle à une stratégie nationale.

Masculinisme : du « terrorisme misogyne »

Face à ce constat, le HCE fait 25 recommandations comme demander la reconnaissance du « terrorisme misogyne » dans les doctrines de sécurité et de créer une catégorie « masculinisme » pour les signalements auprès de l’Arcom (le régulateur de l’audiovisuel) et de la plateforme Pharos, gendarmes de l’audiovisuel et d’Internet.

Une autre recommandation demandée depuis longtemps par les associations : mettre concrètement en œuvre les séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, obligatoires dans les écoles.