
La mutuelle a tenu son assemblée générale le 6 mai. L’occasion, pour son président, Lionel De Almeida, de revenir sur le climat social que nous subissons et sur les conséquences des politiques gouvernementales pour les plus vulnérables.
Quelle était la toile de fond politique et sociale de cette AG annuelle ?
Lionel De Almeida : Notre assemblée générale a eu lieu dans un contexte social particulièrement compliqué, dont la dégradation est accentuée par des décisions politiques souvent prises en méconnaissance totale des mécanismes qui nous lient, nous, mutuelles, au système de protection sociale. Ces orientations fragilisent l’accès aux soins, en particulier pour les plus vulnérables, et mettent en danger les fondements mêmes de notre modèle solidaire. Notre mutuelle n’échappe pas à ces difficultés : nous avons par exemple dû absorber la taxe supplémentaire de 2,05 % sur les contrats mutualistes votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Elle porte la fiscalité à plus de 16 % pour les contrats dits responsables et à plus de 23 % pour les contrats dits non responsables. Nous subissons des contraintes croissantes, et qui s’accumulent d’année en année.
Faites-vous aussi référence aux nouveaux transferts de charges annoncés par le gouvernement ?
L. D. A. : Absolument. Ces nouveaux transferts de charge de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé sont d’une ampleur inédite : ils pourraient atteindre 1,7 milliard d’euros et s’ajouteraient au maintien de la nouvelle taxe de 1 milliard d’euros sur les complémentaires santé. C’est tout simplement intenable, cela fragilise notre modèle et pose même la question de la pérennité, à terme, de nos mutuelles.
Quel est l’impact de ces mesures sur les adhérents ?
L. D. A. : A chaque fois qu’un transfert de charges vers les mutuelles est décidé, cela se traduit par une hausse du ticket modérateur, c’est-à-dire de la somme de frais de santé qui reste à la charge des assurés sociaux après le remboursement par l’Assurance maladie. La part financée par la Sécurité sociale baisse et on demande aux mutuelles de prendre en charge la différence. Or, elles n’ont d’autre choix que de répercuter mécaniquement ces coûts supplémentaires sur les cotisations des adhérents. Finalement, ce sont toujours les adhérents et les assurés sociaux qui paient les conséquences de ces décisions.
Les épisodes de canicule illustrent la nécessité de se saisir des questions de santé globale et environnementale.
Certains affirment que les mutuelles ont les moyens d’absorber les transferts…
L. D. A. : C’est complètement faux. Nous n’avons pas d’autres ressources que les cotisations de nos adhérents. Les mutuelles sont des organismes à but non lucratif, elles ne rémunèrent pas d’actionnaires et n’ont pas vocation à s’enrichir. Les bénéfices qu’elles peuvent réaliser sont réinvestis dans l’accès aux soins, dans des actions de prévention ou de solidarité pour nos adhérents. Nous sommes à leur service, et plus largement à celui de la population, avec l’idée de défendre une protection sociale de haut niveau, universelle et accessible à tous. A la 525e Mutuelle, il n’y a pas de tranche d’âge dans les cotisations des seniors, nous faisons jouer la solidarité entre les générations pour soutenir les plus fragilisés.
Quelles sont vos orientations pour les mois à venir ?
L. D. A. : Nous allons poursuivre notre engagement en nous positionnant sur les grands enjeux de santé publique et de santé au travail. L’actualité récente nous rappelle l’urgence d’agir : les épisodes de canicule illustrent la nécessité de se saisir des questions de santé globale et environnementale. Dans cette perspective, nous continuerons notre travail avec l’Association des Mutuelles pour la santé planétaire, et nous organisons un séminaire en septembre pour alimenter notre réflexion.
Nous souhaitons apporter notre contribution de mutuelle ouvrière, issue du monde du travail, au congrès des Mutuelles de France qui aura lieu en décembre à Nantes et dont une des thématiques sera justement la santé globale et l’interaction entre santé humaine, animale et biodiversité. Nous voulons mettre en lumière les liens qui existent entre les enjeux environnementaux, les déterminants de santé économiques et sociaux, les conditions de travail et la dégradation de la santé des populations.
Pour en savoir plus sur le séminaire sur la santé globale : dominique.chambas@solimut.fr




























