Malgré la recommandation de la Haute autorité de santé (Has), le gouvernement a décidé de maintenir le délai de 3 à 4 semaines maximum, entre les deux injections du vaccin anti-covid 19.

Le délai entre les deux doses des vaccins Pfizer/BioNtech (21 jours) et Moderna (28 jours) est maintenu. Olivier Véran, ministre de la Santé l’a annoncé lors d’une conférence de presse, mardi 25 janvier. Il ne donne pas suite à la Haute autorité de santé (Has) qui recommandait d’élargir à 6 semaines le délai entre deux doses de vaccin à ARN messager afin de pouvoir vacciner au moins 700 000 personnes de plus.

Prudence et sécurité

Olivier Véran préfère se rallier aux données validées par les laboratoires et maintenir le délai initial entre les deux doses de vaccin à Arn messager, même si un allongement de ce délai permettrait, en effet, de vacciner un plus grand nombre de personnes à risques ou fragiles. « Nous sommes face à une part d’inconnu, je fais le choix de la sécurité des données validées », a-t-il précisé lors de la conférence de presse. Car, pour l’instant, nous avons peu de données sur la couverture vaccinale liée à la première dose. En Israël, où la campagne de vaccination, bat son plein, les premiers chiffres montrent que la protection contre la survenue du Covid-19 dans la période comprise entre la première et la deuxième dose n’est que de 33 %, alors que dans les essais cliniques de Pfizer et de Moderna, elle était de l’ordre de 50 %.

se rallier aux données validées par les laboratoires et maintenir le délai initial entre les deux doses de vaccin à Arn messager

« Cela suggère que la protection pourrait être moins efficace sur les sujets âgés et donc c’est une petite mise en garde envers l’espacement des doses », a estimé Alain Fischer, le Monsieur vaccin, présent à la conférence. Les essais cliniques ont aussi démontré que la première dose n’induisait qu’un faible taux d’anticorps notamment d’anticorps neutralisants et celui-ci n’augmente de façon nette qu’après l’administration de la deuxième dose.

Enfin, bouleverser le calendrier vaccinal déjà établi pourrait engendrer des « difficultés de compréhension et de mise en œuvre », a-t-il précisé.