Cancer du col de l'utérus : moins de 20% des jeunes filles sont vaccinées en France

Alors que le cancer de l’utérus touche 2 800 femmes par an, la Société française de pathologie cervico-vaginale, en congrès actuellement à Paris, estime que la France est la traîne en matière de vaccination contre le papillomavirus humain (Hpv).

Pour la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (Sfcpcv), le dépistage du cancer de l’utérus est mal organisé et la France est à la traîne pour la vaccination des jeunes filles contre le papillomavirus humain (Hpv). Pourtant, le cancer du col de l’utérus touche 2 800 femmes par an et en tue un peu plus d’un millier. La cause principale est une infection persistante par un virus qui se transmet par voie sexuelle : le papillomavirus humain ou Hpv.

Lorsque ce virus s’installe durablement au niveau du col de l’utérus, il peut provoquer des lésions précancéreuses qui peuvent évoluer vers un cancer. Cette évolution est lente puisqu’un cancer apparaît généralement 10 à 15 ans après l’infection persistante par le virus.

Des vaccins existent

Deux vaccins existent sur le marché pour lutter contre ce type de cancer : le Gardasil, qui protège contre les Hpv de types 6, 11, 16 et 18, et le Cervarix qui protège contre les Hpv de types 16 et 18, ces deux derniers types étant les plus redoutés car ils provoquent 70 % des cancers invasifs et des lésions précancéreuses du col de l’utérus dans le monde.

Mais ces vaccins, autorisés en France dès 2006, sont loin de faire l’unanimité chez les Françaises, car moins de 20 % des jeunes filles de moins de 15 ans sont vaccinées. Alors que chez nos voisins européens, la couverture vaccinale peut atteindre 90 % (en Finlande) ou 85 % (au Royaume-Uni), relève la Sfcpcv. En cause : une polémique qui a éclaté en 2013, mettant en cause le Gardasil, accusé de causer des maladie auto-immunes. [fn]Une cinquantaine de plaintes sont déposées au pénal contre le laboratoire fabriquant le vaccin. Deux ans plus tard, une étude réalisée conjointement par l’Agence nationale du médicament (Ansm) et l’assurance-maladie auprès de 2,2 millions de jeunes filles dans le monde montre que le vaccin anti-Hpv n’est pas en cause. Le parquet de Paris classe alors les plaintes sans suite.[/fn]

La vaccination est recommandée aux filles entre 11 et 14 ans avant tout rapport sexuel, mais l’autorisation de mise sur le marché précise que les jeunes filles peuvent se faire vacciner dès l’âge de 9 ans. Un rattrapage est possible jusqu’à 19 ans.

La Sfcpcv, rappelle que la vaccination n’empêche pas le dépistage qui passe par les frottis vaginaux réalisés tous les 3 ans entre 25 et 65 ans.