Le coup de cœur de la rédaction va aux autrices en cette fin d’année. Pour se faire plaisir, apprendre, découvrir, s’émouvoir… voici notre sélection 100 % féminine.

Sortir les femmes des oubliettes de l’Histoire

Envolée, invisible, inconnue… l’histoire féminine de la France ? Certainement pas, répond Yannick Ripa, professeure d’histoire contemporaine à l’université Paris 8. Cette spécialiste de l’histoire féminine rend la parole au « peuple-femme » en mettant en lumière leurs batailles, leurs cris de douleur ou de révolte, mais aussi leurs confidences et leurs désillusions. L’autrice nous livre un ouvrage passionnant sur ce pan du passé construit avec les propres mots des femmes, de là où on leur permettait d’exister, de là où elles avaient osé être. Un bel hommage sur l’émancipation du sexe dit « faible ».

Histoire féminine de la France, de la Révolution à a loi Veil, Yannick Ripa, éd. Belin, 41€.

Trop vieille pour tout !

Les femmes en « seconde partie de vie » sont « décotées », clame Chloé Delaume dans son dernier roman, couronné par le prix Médicis. On y découvre Adélaïde, quarante-six ans, (pour une femme c’est déjà vieux !), nouvellement célibataire et obnubilée par l’idée de rencontrer un homme et de l’épouser (elle est atteinte « d’épousite aiguë », nous dit l’autrice). Mais son plan ne se passera pas vraiment comme elle le prévoyait. Et l’héroïne, qui se sent invisible au regard des hommes et de la société, entend sonner le glas de ses rêves de jeune fille.

Le cœur synthétique de Chloé Delaume, éd. du Seuil,
18 €.

Pourquoi les femmes sont-elles mal soignées ?

En France, les scandales associés aux médicaments concernent en majorité des produits à destination des femmes : Distilbène, implants Essure, Levothyrox… Récemment, l’Androcur, prescrit contre la surpilosité chez les femmes, a défrayé la chronique, en favorisant chez elles des tumeurs au cerveau. Deux journalistes lancent (enfin !), l’alerte pour que nous disposions de plus de données sur ces produits et pour que les femmes cessent de se retrouver en première ligne des scandales pharmaceutiques.

Mauvais traitements, de Delphine Bauer et Ariane Puccini,
éd. de Seuil,
18 €.

Toute une vie qui chavire

C’est l’histoire de Cléo, treize ans, passionnée de danse, qui voit sa vie bouleversée quand elle rentre à la Fondation Galatée, censée soutenir « les adolescentes avec des projets exceptionnels ». Pourtant, le piège se refermera très vite sur la jeune fille, qui se retrouvera au cœur d’un réseau pédophile. Lola Lafon s’empare une fois de plus d’un sujet qu’elle maitrise parfaitement : le corps. Ancienne danseuse, elle dissèque les mécanismes qui le broient sans pitié, d’une écriture nerveuse. Fort et dérangeant, ce roman pose en filigrane la question du consentement et du viol.

Chavirer, de Lola Lafon, éd.Actes Sud, 20,50 €.