A l’occasion de la Journée mondiale d’action pour la santé des femmes, l’association Osez le féminisme ! rappelle les inégalités en santé entre femmes et hommes. Et donne des pistes de progrès sur son site “A notre santée (sic)”.

Le 28 est la Journée mondiale d’action pour la santé des femmes. Créée initialement en 1987 par le Costa Rica lors de la cinquième Rencontre internationale sur la santé des femmes, cette journée d’action avait d’abord pour objectif de combattre la mortalité et la morbidité maternelles. Puis elle a ensuite été orientée vers les problèmes d’accès à des services de santé de qualité, accès considéré comme un droit des femmes.

A l’occasion de cette journée, l’association féministe Osez le féminisme ! rappelle que la santé est un droit fondamental. Mais que des inégalités persistent entre les femmes et les hommes en la matière. C’est pourquoi l’association milite une santé féministe des filles et des femmes. A travers son site “A notre santée” entend déconstruire les préjugés, et lutter contre les violences, l’invisibilisation, la non prise au sérieux et la méconnaissance de la santé des femmes et offrir des pistes pour une meilleure prise en charge. Comment ? A l’aide d’études, de témoignages de femmes, de podcasts sur des sujets comme la gynécologie, la grossophobie ou encore la santé des lesbiennes et des bisexuelles. 

« Invisibilisation, méconnaissance, non prises au sérieux »

« Nous constatons des différences préjudiciables à notre santé entre la prise en charge des filles et des femmes et celle des garçons et des hommes. Nous sommes moins prises au sérieux, nos douleurs sont moins bien prises en charge, nous sommes parfois méprisées et jugées sur nos choix de vie. Souvent, ces problématiques ne concernent pas uniquement le domaine médical mais interagissent également avec ce que nous vivons au quotidien », explique Osez le féminisme ! sur son site. Les maladies développées par les femmes et leurs symptômes sont également moins bien connus que pour ceux des hommes. Résultats : des difficultés de diagnostic dans certains cas, et donc à être bien soignées.

Trois catégories de spécificités physiologiques sont à prendre en compte selon l’association. D’une part, les maladies ou conditions liées aux organes féminins qui entraînent des enjeux de santé spécifiques aux femmes et aux filles comme les cancers gynécologiques, les maladies de l’utérus (endométriose, fibrome), des ovaires, du vagin, des seins etc.

Autre catégorie : les maladies à forte prévalence féminine. Ces maladies peuvent aussi bien toucher les hommes que les femme. Mais la majorité des malades sont des femmes pour des raisons de spécificités biologiques (l’ostéoporose, les fractures de la hanche ou maladies auto-immunes,…) ou parce qu’elles sont liées aux conditions de vie des femmes. Les troubles dépressifs ou anxieux, les troubles du comportement alimentaire ou encore les migraines font partie des symptômes courants de psychotraumatismes.

Enfin, l’expression de certaines maladies ou les symptômes vont différer entre les hommes et les femmes. Les femmes et les hommes ne vont pas réagir de la même manière un accident vasculaire cérébral (AVC) ou à la dialyse par exemple.

En plus de cette méconnaissance, des préjugés existent. Les femmes seraient considérées comme plus douillettes par exemple, moins réfléchies que les hommes, elles ne sauraient pas vraiment ce qu’elles veulent… « Les professionnel.le.s de santé les ont entendu et intériorisé comme tout le monde : il est important de les remettre en cause pour ne pas les perpétuer dans les pratiques de soin », peut-on lire sur le site “A notre santée”.