Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé des mesures suite au « Grenelle des violences conjugales » qui s’est tenu mardi 3 septembre. Cinq millions d’euros seront débloqués et des actions vont être mises en place pour aider les victimes.

L’urgence : mettre à l’abri les femmes victimes de violences

Lorsqu’une femme est en danger, il est urgent de leur assurer « une mise à l’abri rapide », selon l’expression du chef du gouvernement. Car, 71 % des victimes résident au même endroit que leur bourreau, alors que la plupart d’entre elles souhaitent quitter le domicile conjugal. Pour les aider, le gouvernement va créer 1000 nouvelles places d’hébergement et de logement à partir de janvier 2020. Parmi celles-ci 250 places seront effectives dans les centres d’hébergement d’urgence, pour assurer des « mises en sécurité immédiates ». Le ministère du Logement sera sollicité pour créer 750 places pour des femmes qui partent avec leur enfant.

Des mesures en direction des agresseurs

Des bracelets d’éloignement seront imposés aux personnes condamnées pour violence conjugale, mais aussi en cas d’ordonnance de protection, avant toute condamnation. Le but ? Dès que l’agresseur se rapproche de sa victime, les forces de l’ordre seront automatiquement prévenues. D’autre part, lorsqu’une plainte aura été déposée, la justice pourra suspendre ou aménager l’exercice de l’autorité parentale du conjoint violent. En cas d’assassinat, l’autorité parentale sera suspendue de plein droit dès la phase d’enquête ou d’instruction.

Les autres mesures

Un audit dans 400 commissariats et gendarmerie sera lancé pour pointer les dysfonctionnements dénoncés par certaines familles de victimes. Des « procureurs référents spécialisés » dans les violences conjugales et des « chambres d’urgences » seront expérimentées « pour que les dossiers soient traités en 15 jours avec une meilleure articulation des différents acteurs judiciaires », a précisé le Premier ministre.

Par ailleurs, il y aura la possibilité de porter plainte directement à l’hôpital. Car « quand une femme se rend aux urgences pour coups et blessures, c’est déjà pénible, si elle doit en plus rentrer chez elle puis aller au commissariat, elle retrouvera son conjoint qui risque de la menacer » a précisé Édouard Philippe.