Depuis quelques années, on constate, en France et dans d’autres pays européens, de plus en plus de ruptures de stock de médicaments et de vaccins. Explications.

Quels médicaments ?

En 2017, l’Agence nationale du médicament a reçu 530 signalements de rupture de stock ou de difficulté d’approvisionnement pour des traitements considérés comme essentiels. Pour le seul mois de septembre 2018,
l’ordre des pharmaciens dénombrait 431 médicaments en rupture dont 14 vaccins : certaines marques contre la diphtérie et tétanos, la polio, le méningocoque et la tuberculose. Les médicaments les plus concernés sont les anticancéreux, les anti-infectieux (antibiotiques) et certains traitements de l’épilepsie ou de la maladie
de Parkinson. Cette situation a poussé les associations de patients à lancer une pétition de protestation en septembre dernier.

Pourquoi ?

Aujourd’hui, 80 % des principes actifs sont fabriqués en Inde et en Chine sur un nombre de sites restreint. Ces deux pays exportent vers l’ensemble de la planète, et la France n’est bien sûr pas prioritaire. Il suffit que la demande augmente dans un autre pays, ou que chez nous un traitement concurrent soit indisponible pour que les stocks s’effondrent. Cette production entièrement délocalisée est devenue un risque que dénoncent les sénateurs français
dans un rapport. Ils demandent la création d’un pôle public national de production et de distribution du médicament pour recréer les conditions d’une production de proximité. Par ailleurs, le Brexit pourrait entraîner des difficultés d’approvisionnement supplémentaires pour 108 spécialités importées d’Angleterre…

Que faire ?

Les patients dont le traitement est en rupture peuvent demander à leur pharmacien si c’est temporaire ou non. A l’heure actuelle, la seule solution est que le pharmacien, en accord avec le médecin prescripteur, substitue le médicament par un autre, éventuellement en se tournant vers l’hôpital. Parfois, il n’y a pas d’autres solutions que
de s’adresser à un pays voisin pour trouver une solution de remplacement. En tout cas, il faut éviter d’acheter les médicaments sur Internet où on risque de tomber sur des contrefaçons.

Plateforme d’alerte

L’ordre des pharmaciens a mis en place une plateforme d’alerte appelée DP-Ruptures. Elle permet aux officines
de signaler automatiquement aux fabricants les médicaments indisponibles depuis plus de trois jours.
Le système n’empêche pas les ruptures, mais il doit permettre de réduire la durée pendant laquelle les médicaments sont absents des réserves.

A noter : la plupart des médicaments sont maintenant fabriqués en Chine ou en Inde, puis répartis dans différentes zones géographiques par des grossistes intermédiaires. Des incidents à ces deux échelons engendrent des pénuries.