Une étude montre que les politiques de santé actuelles sont insuffisantes pour garantir un niveau d’immunisation élevé. Tandis que le nombre de cas de rougeole est en augmentation dans le monde, en particulier dans les pays riches.

Depuis quelques années, nous assistons à une recrudescence de la rougeole. Les cas de cette maladie virale extrêmement contagieuse, ont été multipliés par quatre au premier trimestre 2019 par rapport à la même période de l’année précédente. Cette hausse concerne aussi bien les pays en conflit ou avec un mauvais accès aux soins, que de nombreux pays développés. Pour ceux-là, le phénomène s’explique par une défiance vis-à-vis de la vaccination, en particulier du ROR (Rubéole-oreillons-rougeole). Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) tire la sonnette d’alarme. Et recommande la vaccination obligatoire des enfants avant leur entrée à l’école primaire.

Seuil de sûreté 

Des chercheurs de la Fondation Bruno Kessler à Trente en Italie, ont modélisé la situation de la rougeole dans sept pays riches en 2050 (Royaume-Uni, Etats-Unis, Irlande, Australie et Italie), en fonction de différents scénarios de vaccination. Résultat : dans la majorité de ces pays, les politiques de santé actuelles ne permettent pas de garantir un niveau d’immunisation sûr. C’est-à-dire que le seuil de « sûreté » est dépassé. Selon l’Oms, la proportion de personnes non vaccinées dans un pays donné ne doit pas dépasser 6 % à 8 % pour éviter d’importantes épidémies. Or, d’après l’analyse des chercheurs, en Italie, par exemple, ce seuil atteindrait déjà 7,5 %. « Nos résultats suggèrent que, au vu des niveaux actuels de couverture vaccinale, les programmes “de routine” ne suffiront pas à maintenir le haut niveau d’immunité nécessaire pour les prochaines décennies », explique Filippo Trentini, coauteur de l’étude, publiée dans le journal BMC Medicine. 

Pour changer la tendance, les auteurs de l’étude estiment que les pays devraient rendre obligatoire la vaccination à l’entrée de l’école, en plus des programmes d’immunisation déjà existants. Cette obligation vaccinale a d’ailleurs déjà été décidée en France et en Italie. Mais pour être efficace, cela doit être accompagné d’une sensibilisation accrue à la santé publique. 

Alexandra Luthereau