Les auteurs, trois journalistes d’investigation, nous avaient déjà titillé les papilles avec humour en 2009 dans un premier livre, Vive la malbouffe, qui révélait les astuces de l’industrie agroalimentaire pour nous faire manger toujours plus et surtout n’importe quoi. On y apprenait, par exemple, que les veaux étaient piqués aux anabolisants et aux hormones de croissance, qu’il y avait eu de l’huile de moteur de voiture dans l’huile de tournesol ou encore que « 27 % des produits alimentaires de premier prix vendus en France sont au-dessous des normes de qualité exigées pour les aliments pour chiens et chats ».

Ils viennent d’en remettre une pâtée avec un deuxième livre Vive la malboufe, à bas le bio ! Avec la même plume sarcastique, ils s’attaquent aux lasagnes au cheval et aux « fonds d’investissement qui ont pris le contrôle de notre assiette » pour dégager un maximum de profits en vertu d’une règle : « La malbouffe coûte bien moins cher à concocter que la bonne bouffe. » Et grâce à la crise qui oblige les ménages à serrer les budgets, l’industrie a un boulevard devant elle ! Alors en route pour les croissants à l’huile de palme, la frite aromatisée, les carottes recolorisées, le fromage sans lait et le chewing-gum vendu à l’unité qu’une firme américaine s’apprête à lancer… Du bas de gamme bourré d’additifs mais toujours bien emballé !

Au menu aussi, les cochons gavés d’antibiotiques et les allégations santé, en veux-tu en voilà, qui fleurissent sur les emballages. Ferrero s’est fait retoquer à Bruxelles mais les enfants l’ont échappé belle : le groupe voulait marquer sur ses Kinder « Le chocolat qui aide à grandir ». Et pourquoi pas qui aide à maigrir pendant qu’on y est !

Dégoûtés, les Français se tournent vers le bio. Seulement, il est dans les choux. « Six cent cinquante millions d’euros d’aides et un milliard de prêts bonifiés devraient pleuvoir sur l’agriculture intensive, sans une seule goutte pour les producteurs bio », écrivent les auteurs. Résultat : avec à peine 2,1 % de surfaces agricoles plantées en bio, on est obligé d’importer la moitié de nos légumes, fruits et céréales sans pesticides… Et encore, faut le dire vite, car le bio est parfois trompeur. Depuis 2009, sous la pression des industriels qui ont flairé le filon juteux, la Commission européenne a allégé la réglementation pour obtenir le label AB ; du coup, le poulet bio peut être élevé dans un poulailler de 25 000 places et, comme son cousin industriel, il se goinfre de soja importé…

Pour peu qu’il contienne des Ogm, bon appétit ou plutôt bonne chance !

A LIRE

Vive la Malbouffe, à bas le bio ! Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet, Olivia Recasens, Wozniak, éd° Hoëbeke, 16 €